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Même dans le rêve



Même dans le rêve
Il veut partir, fuir, non il ne veut pas fuir, il veut juste partir. Il rêve d'économiser le maximum pour aller tenter sa chance. Non, ce n'est pas une entreprise ou un quelconque projet qu'il veut mettre sur pied là-bas. Il a plein de rêves qu'il veut réaliser. D'abord, il s'acharne au travail, ici, marquer sa présence au sein de l'entreprise… juste ce qu'il faut pour une attestation de travail qui lui permettrait de constituer le dossier de visa, un visa pour l'Europe, quel que soit le pays. Là il jouera, jouer à l'euromillion. Ah si je gagne le gros lot… Voilà son projet. Décrocher le maximum de millions d'euros. Devenir milliardaire. Il multiplie déjà ses gains par quinze. Le cours officiel du change parallèle. Non, non il ne veut pas multiplier par quinze. C'est là-bas qu'il restera. Ici, il aidera sa femme et ses enfants, leur achètera villa et tonobila et à lui la belle vie. Bien sûr qu'il leur créera un petit commerce pour… non, non, pas de commerce. Il leur achètera des appartements qu'ils loueront. Comme ça ils n'auront pas à trimer.« Tout ce qui rentre fait ventre ». Ragda ouètmangi. Et lui et lui… Ah si ça se réalise, s'il devenait euromillionnaire. Il se lèvera immédiatement comme on prend les armes. A lui les bataillons. A lui toutes les libertés. A lui toutes les « oseries ». Voire l'oisiveté. Celle qui dorlote. Pas celle qui endort. Celle qui réveille. Après la grâce matinée, toute la grâce du monde s'offre à lui. Ses anciens potes enguirlandés d'or seront à ses côtés au moins pour une virée. Eux qui l'ont viré quand il était juste, juste. Enfin, la richesse qui se palpe. La richesse qui décuple tous les sens, le sens de tout apparaît telle une évidence. Le monde est fait pour se vivre et pour se délecter. Effectivement avec l'argent on savoure et sans lui on déguste. Le fric place son homme au sommet de la pyramide sociale. Du jour au lendemain… sa boîte a déclaré faillite. Les travailleurs sont mis au chômage. Plus de certificat de travail. Adieu visa. Villa tonobila… La dégringolade. Même dans le rêve.


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