Décidément, lorsqu'on voit des enfants (5 à 10 ans) des cités populaires de Mécheria envahir quotidiennement l'espace occupé par les chaussées pour pouvoir taper dans un ballon, défiant ainsi tous les risques de la circulation routière, l'on ne se fait pas prier pour relever un déficit en matière d'aires de jeux au niveau de ces cités, situées pourtant au centre-ville. Cet espace tant indispensable à l'épanouissement de l'enfant, c'est en principe la municipalité et ses urbanistes qui sont tenus par la force des lois à le leur offrir pour leur permettre de s'exprimer dans un environnement approprié et sécurisé, loin des interférences extérieures et les risques des accidents de la route. Mais, loin s'en faut...
L'exemple le plus édifiant nous vient de ces cités d'habitat collectif du centre-ville (Aïdaoui, La Pépinière, Cheikh Benyamina...) où les enfants n'ont aucun espace aménagé et sécurisé en guise de terrain de jeu devant répondre à leurs attentes. Selon les associations locales, le seul terrain qui pouvait combler le déficit est sans contexte celui de l'ex-société SOTRAM, de par sa situation entre les cités Aïdaoui Abdelhakem et La Pépinière. En effet, après la dissolution de cette entreprise, nous indique-t-on, tous les locataires ont émis le voeu de voir cet espace transformé en aire de jeu, d'autant plus que le terrain d'assiette est la propriété des domaines publics. Malheureusement, l'absence de concertation, se désole-t-on, entre les différents secteurs et acteurs concernés par la gestion du portefeuille foncier de la ville devant oeuvrer ensemble, estime-t-on, pour la réalisation d'une politique de la ville, organisée d'une manière cohérente, a fait que ce terrain ira finalement entre les mains de l'agence foncière qui le vendra aux enchères publiques à des privés sans associer personne à la décision. Pour en faire quoi ? Un entrepôt et des habitations à l'architecture indéchiffrable qui sont venus aggraver ce phénomène de l'exiguïté des lieux. «Ils nous ont vraiment privés d'un espace qui pouvait faire notre bonheur en nous permettant d'organiser des tournois en matière de sports collectifs surtout en cette période d'été où la morosité pèse lourdement sur notre quotidien», lance désespérément à notre adresse un jeune du quartier et de renchérir: «Si au moins on a cédé cet espace pour la création d'un centre commercial, ce serait quand même justifiable compte tenu du déficit qui existe dans ce domaine. Ni l'une ni l'autre, hélas !
Il faut dire que les aberrations en matière de foncier sont légion à Mécheria. Outre la cession de certaines bâtisses classées pourtant patrimoine historique de la ville à des particuliers, les orientations portant condensation des cités, de l'avis des associations locales, n'ont pas été interprétées à leur juste valeur, en ce sens qu'on est allé engager une chasse sans merci aux espaces situés à l'intérieur même des cités (Ibn Rochd, gare routière, Malek Bennabi...) pour en faire des commerces et autres activités professionnelles outrepassant ainsi le droit des enfants à l'espace. Pourtant, si l'on se réfère un peu à la loi d'orientation de la ville, l'on se rend compte que celle-ci vise à orienter et à coordonner toutes les interventions et est conçue comme un ensemble pluridimensionnel, plurisectoriel et multilatéral visant à réaliser le développement durable qui se concrétise à travers plusieurs volets dont ceux de l'économie urbaine, l'urbain, la culture, le social, la gestion et l'institutionnel. Chaque volet susvisé comporte des objectifs précis et intégrés à l'action globale à mettre en oeuvre.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : M S Laradji
Source : www.lequotidien-oran.com