Les deux trains (ordinaires) mis en service
depuis le mois de juillet 2010 dans la wilaya de Naâma,
dans le cadre du grand projet ferroviaire Oran – Méchéria
– Béchar, demeurent encore méconnus de la population
locale, et pour cause, ils passent dans le territoire de la wilaya en plein
milieu de la nuit, quand tout le monde dort…
En effet, le premier train en provenance
d'Oran entre en gare de Méchéria à minuit, le second,
qui vient de Béchar, à 2 h du matin. A ces heures-ci,
témoigne-t-on, aucun moyen de transport n'est disponible pour rallier la gare
ferroviaire de Méchéria située à près de 3 km de la ville, érigée au
milieu d'un site encore en chantier, pauvrement urbanisé et difficilement
accessible.
Il faut dire que l'absence de structures
d'accompagnement, tels que le transport destiné notamment au ramassage des
voyageurs et les services, a fait que le train suscite peu d'intérêt chez les
citoyens. Notamment chez les universitaires de Naâma
qui étudient à Béchar, Bel Abbès
et Saïda et qui ont nourri l'espoir de trouver dans le train un moyen de
locomotion idéal et disponible. Ils ont vite fait de déchanter.
Il est 23h50', nous sommes sur le site de
la gare ferroviaire de Méchéria, accompagné d'un taxieur qui a eu l'amabilité d'accepter de nous conduire
sur les lieux. L'endroit est très faiblement éclairé et le chemin qui conduit
vers le bâtiment central traverse un chantier avec partout des amoncellements
de pierres et autres matériaux de construction. En tous les cas, il nous a
fallu l'aide d'un gardien de nuit pour pouvoir trouver finalement l'accès au
bâtiment central, érigé en guise de salle de réception des voyageurs, nous dit-on.
La salle en question, qui ne dépasse pas les 100 m², est vide, sans le
moindre équipement, ni chaises ni toilettes encore moins une cafétéria ou un
restaurant pour répondre aux attentes des voyageurs. Seule une affiche
publicitaire d'un autorail, tristement accrochée au mur, casse la monotonie du
paysage.
Un grondement de moteur se fit entendre au
loin. C'est a priori le train d'Oran qui arrive. Nous sortons sur le quai, un
quai dont le pavé est encore en construction mais qui répond aux normes. La
machine apparaît surmontée d'un phare qui éclaire la campagne fraîchement
arrosée par les dernières chutes de pluie. Le train ralentit et s'immobilise
dans un vacarme assourdissant. Les contrôleurs s'affairent sur le quai. Deux
voyageurs seulement embarquent mais personne ne débarque. Selon leurs
témoignages, ils ont rejoint la gare de Méchéria bien
avant 21h, parce que, expliquent-ils, 21 h passées, il est pratiquement
impossible de trouver un moyen de transport. Selon d'autres témoignages, les
voyageurs qui débarquent la nuit à la gare de Méchéria
sont généralement attendus par leurs proches ou amis pour les emmener en
voiture. Rares sont ceux qui s'aventurent à rejoindre la ville à pied car les
risques sont énormes.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : M S Laradji
Source : www.lequotidien-oran.com