Ghrib : « On ne doit pas tenir rigueur à Djallit qui n'est pas le seul joueur au Mouloudia »
Rendu coupable de tous les maux, Mustapha Djallit reconnaît dans cet entretien qu'il a failli à son devoir. Le joueur évoque tout son stress et cette pression qui pèse sur ses épaules à chacune de ses sorties.
Vous devez être déçu d'avoir laissé passer une belle occasion de s'imposer en terres oranaises '
Nous sommes très frustrés d'être passés à côté d'une belle opportunité de revenir avec les trois points de la victoire d'Oran. Nous sommes parvenus à inverser la partie juste après le début de la seconde période, mais nous avons pèché dans les ultimes secondes de la rencontre. On n'aurait jamais dû concéder le point du match.
Qu'avez-vous à dire à vos supporters qui se sont déplacés en très grand nombre à Zabana '
Je suis très déçu pour eux. Nous avons été soutenus de la première à la dernière seconde, pour finalement ramener un petit point de notre déplacement. Je ne trouve pas de mots pour exprimer ma frustration.
Sur le plan personnel, vous avez eu deux opportunités pour tuer le match. N'avez-vous pas le sentiment d'être coupable de ce semi-échec '
J'ai le sentiment d'avoir privé mon équipe et les supporters d'une victoire qui nous tendait la main. Et pourtant, je peux vous dire que je n'ai pas joué les deux actions avec une certaine nonchalance. Je me suis donné à fond, mais je reconnais avoir failli dans ma mission. Par contre, je voudrai dire quelque chose qui me range de l'intérieur.
Allez-y...
Je peux vous dire que la pression est trop grosse. Je ressens à chaque match cette obligation de marquer pour permettre à mon équipe de gagner. Et c'est peut-être cela qui me rend fébrile. Vous ne pouvez pas imaginer à quel point cette pression me rend fou. Et croyez-moi, ce n'est pas facile à chaque fois de marquer car on est dès lors soumis à un marquage strict et rigoureux. Il faudrait que cette pression soit partagée entre nous et pas uniquement sur moi.
Quel a été la réaction de vos camarades dans le vestiaire '
Elle était fabuleuse. Tout le monde est venu à mon soutien. Ils m'ont dit que je n'avais rien à me reprocher et que cela arrive de rater même aux meilleurs attaquants du monde. Cela m'a beaucoup touché, même si je reste un joueur frustré car je ne peux m'empêcher de me remémorer l'image du but que j'ai manqué.
Au coup de sifflet final, on vous a vu à genoux vous tenir la tête...
Effectivement, j'avais senti à ce moment le monde s'écrouler sur ma tête. Le scénario de ce match me rappelle celui de la saison écoulée face au CSC, lorsqu'on s'est fait rejoindre au score dans le temps additionnel alors qu'on menait deux buts à zéro.
Justement, vous serez le week-end prochain dans l'obligation de réagir à Tizi Ouzou face à la JSK...
Ce sera un match très difficile face à une équipe, qui vient de s'imposer à Constantine face au CSC. En ce qui me concerne, je promets de me racheter car je dois bien cela à nos supporters qui ont quitté Oran frustrés à cause de moi.
La défense est aussi coupable de ce semi-échec
Tout le monde s'accorde à dire que Mustapha Djallit a privé, avant-hier soir, le Mouloudia d'une victoire certaine. Le caviar que lui a servi Mouaouia Meklouche, dans le temps additionnel, aurait dû permettre au natif de Béchar de soigner ses statistiques et, surtout, permettre au Doyen de rééditer l'exploit de 2006, date de la dernière victoire du MCA en terres oranaises. Après l'égalisation des Hamraoua, Djallit aura l'occasion de se racheter en se retrouvant face au portier du MCO, mais une nouvelle fois, il a pèché dans le dernier geste. De quoi soulever le courroux de Djamel Menad, lui qui fut le buteur attitré des Verts lors de la CAN 90. Cela dit, les ratages de Djallit n'expliquent pas tout, car les joueurs du milieu de terrain et la défense sont tout aussi responsables. Et pour cause, après le but manqué par le canonnier mouloudéen, Dagoulou a fait une chevauchée de quarante mètres sans trouver opposition. A ce moment-là, on aurait dû commettre une faute technique sur le joueur africain afin de couper son élan et provoquer un coup franc loin de la surface de vérité. Une situation qui aurait permis à tous les joueurs de se regrouper dans leur propre camp. Au lieu de cela, les joueurs du MCA ont fait preuve de naïveté en laissant les Oranais développer leur action jusqu'au bout. Et pour couronner le tout, la défense s'est très mal alignée permettant ainsi à Sandago de se présenter seul dans le périmètre de vérité. La suite, tout le monde la connaît. Une succession d'erreurs que les joueurs du MCA aurait pu éviter, car dans le temps additionnel, au lieu de rester regroupé derrière pour préserver l'acquise, tout le monde est parti à l'abordage avec l'objectif d'inscrire ce troisième but. Un manque de lucidité qui sera fatal aux Algérois, qui ont appris à leur dépens qu'un match de foot se gère aussi dans la tête et que, parfois, il faut savoir laisser l'initiative à l'adversaire pour mieux le contrer. Après le but de Yalaoui, on n'aurait jamais dû se découvrir comme si l'équipe courait derrière le score. Cette envie de corser l'addition a créé des espaces que les deux Africains du MCO ont exploités à merveille pour éviter le pire à leur équipe.
Les joueurs sont venus
à son soutien
Avant de quitter le stade Zabana, tout le vestiaire mouloudéen était au soutien de son buteur providentiel. Une marque de confiance qui a beaucoup touché et diminué de la frustration de l'enfant de Béchar qui était dans tous ses états, au moment de prendre place dans l'autocar qui a ramené son équipe à Alger.
Il est monté au créneau pour défendre Djallit
Ghrib : « On ne doit pas tenir rigueur à Djallit
qui n'est pas le seul joueur au Mouloudia »
A la fin du match, Omar Ghrib était dépité de voir que tous les spécialistes avaient pointé un doigt accusateur vers Djallit, l'accusant d'être derrière le semi-échec des Vert et Rouge. Le coordinateur de section est monté au créneau pour défendre son attaquant. « Djallit reste l'un des meilleurs attaquants du championnat. On ne doit pas l'accuser d'être derrière ce match nul. Personnellement, je ne lui tiens pas rigueur, car il n'y a pas que Djallit dans l'équipe. Il y a aussi les autres joueurs qui doivent se mettre en évidence. »
« Il ne faut pas faire la fine bouche, car ce point ramené d'Oran reste un bon résultat »
« Face à une équipe du MCO qui joue sa survie et qui était sous pression avant le match, il ne faut pas faire la fine bouche car ce point ramené d'Oran reste un bon résultat. Nous tâcherons de faire mieux lors de nos prochains rendez-vous, avec plus de réussite cette fois-ci.»
Triste retour sur Alger
Juste après la rencontre, l'équipe du Mouloudia a pris la route sur Alger. Dans le bus, c'est le silence total, et les joueurs étaient très affectés. Ces derniers n'arrivaient pas à croire qu'ils sont passés à côté d'une victoire qu'ils tenaient pourtant, à une minute de la fin du temps additionnel. Ainsi, triste était le retour sur Alger pour les joueurs du Mouloudia, où le temps passait lentement. Après avoir pris leur dîner en cours de route, ils ont continué leur chemin vers la capitale dans un silence de cathédrale, ce qu'illustre parfaitement l'état d'esprit de cette équipe qui a voulu offrir la victoire à ses supporters qui se sont déplacés en grand nombre à Oran pour soutenir les coéquipiers de Babouche.
Les joueurs choqués par le nombre d'accidents
En cours de route, et en plus de la déception, les joueurs étaient choqués par le nombre d'accidents qu'ils ont constatés sur les lieux. En effet, il n'est de secret pour personne que les Chanaoua ont effectué un déplacement massif à la ville d'El Bahia, malheureusement, certains d'entre eux ont usé d'une vitesse excessive pour revenir sur Alger, ce qui a causé des accidents sur l'axe ralliant la capitale de l'Ouest du pays à Alger.
Ils ont bénéficié d'un jour de repos
Après le voyage qu'ils ont effectué par bus, les joueurs du MCA sont arrivés sur Alger à 2h du matin, et ils ont bénéficié d'un jour de repos avant de reprendre les entraînements pour préparer le classico face à la JSK. Toutefois, trois joueurs du Mouloudia n'étaient pas du voyage ; il s'agit de Besseghir, Yalaoui et Djemili qui sont restés chez eux pour se retremper dans l'ambiance familiale avant de revenir sur Alger lundi, puisque la reprise des entraînements est fixée pour la fin d'après-midi.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : T Che K M
Source : www.lebuteur.com