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Mauvaises senteurs



Mauvaises senteurs
Encore une histoire qui sent mauvais. Cette fois, c'est un parfum tellement bien odorant qu'il vous tue? Mise en garde couleur écarlate contre ce fameux «Relax» qui vous calme, mais définitivement, à la moindre vaporisation. Enivrant jusqu'à la mort.L'on dit qu'il a tué des dizaines de personnes dans des pays où la rigueur et le contrôle sonnent comme des barbarismes. Un peu comme le nôtre où ce «Relax» vient de débarquer d'on ne sait où. Nos frontières sont-elles à ce point devenues des passoires ' C'est apparemment le cas puisque c'est l'armée qui nous met la puce à l'oreille.Faute de bloquer ce parfum de la mort, on se contente de gérer ses dommages collatéraux a postériori. Et tant pis si des personnes succombent aux odeurs envoûtantes de ce produit dangereux, et sûrement pas cher.La santé publique est réduite à sa plus simple expression. Ce parfum tueur révèle s'il en était encore besoin, que le marché informel et de la contrebande gangrène l'économie nationale. Malheureusement ce «Relax» n'est pas un cas isolé.L'imposture médico-scientifique du fameux «Rahmet Rabi» (RHB), qui lui aussi a fait des victimes, prouve que tout est possible dans ce pays. Il suffit de quelques vertus médicales spécieuses et non prouvées, de deux plateaux télé à haute valeur ajoutée populiste, pour que le produit soit déclaré consommable et son «génie» décrété fierté du pays et plus si affinités?Et si par malheur, la formule chimique est agrémentée d'une pincée de spiritualité, la pilule miraculeuse passerait sans encombre.Eh oui ! on ne discute pas de ces choses- là en Algérie. Les maquignons de ces potions magiques exploitent jusqu'à l'overdose le filon de la religion pour embobiner leurs patients. Ils savent l'hyper sensibilité des Algériens à la spiritualité. Ils en profitent alors à fond la caisse et la? bouteille.Il faut croire que Marx n'a pas eu tout à fait tort de proclamer la religion «opium des peuples». C'est d'autant plus vrai chez nous où la pratique religieuse est dévoyée entre un paraître angélique et un être qui peut être diabolique.C'est dommage qu'à chaque fois qu'on essaye de revenir à nos moutons, les vrais, on se fait un malin plaisir de nous en arracher et nous y déconnecter par une connerie du genre.De fait, il n'y a plus débat sérieux possible sur l'Algérie de demain, celle dont nous rêvons toutes et tous. Il y a, souvent, un hurluberlu sorti de nulle part pour infester notre vie.Ou encore une trouvaille, genre «RHB» et «Relax», pour nous empêcher de dormir tranquille.Les nerfs de l'Algérien sont mis à rude épreuve, et il n'a plus la force de réfléchir à son avenir et à sa condition. Nous vivons sous l'emprise du réflexe conditionné : action-réaction. C'est à croire que ces mauvaises nouvelles et ces odeurs fétides qu'on nous sert régulièrement visent précisément à nous hypnotiser. Il y a une infinité de stimuli qui agressent nos sens quotidiennement. Même la presse, de guerre lasse, est happée par cette machine à produire de fausses nouvelles.A leur corps défendant, les journalistes, consciemment ou inconsciemment, reproduisent de vraies-fausses informations que les ministres et autres responsables débitent en boucle. Combien de fois n'avons-nous pas lu en manchette de nos gazettes qu'il n y aura pas de hausse des prix de l'électricité ou de l'eau 'Les ministres sont contents de faire le buzz à moindre effort. Les citoyens, eux, se sentent rassurés faute de mieux.C'est le cercle vicieux d'une communication aus relents de manipulation par laquelle tout le monde semble bien faire son travail. Pourtant, cette affaire du parfum qui tue est loin d'être relaxante. C'est plutôt une piqûre de rappel que le mal de notre pays est beaucoup plus profond que l'effet placebo que produisent ces mises en garde dans les temps ? morts.
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