Le discours religieux va se décliner sur tous les tons et se répandre sans retenue. Les plateaux s'ouvriront aux imams, les journaux confectionneront des pages spéciales. Les uns iront suivre les valeureux volontaires du Croissant-Rouge. D'autres scruteront les nouveaux pauvres aux restaurants « Rahma ». Il y aura bien sûr les jérémiades, sur la précarité galopante ceux qui déploreront la politique de solidarité. « Ponctuelle et inadaptée », disent-ils. Et si elle n'existait pas ' Que n'entendrions-nous pas alors sur une scandaleuse absence de l'Etat et une population abandonnée à son triste sort. Le mois de Ramadhan a de multiples vertus et visages. Il s'offre comme une halte aux égarés qui voudront s'amender mais de fieffés malins fructifieront leurs affaires. Un mois qui a l'étrange particularité de satisfaire tout le monde. Tiens, par exemple les journaux où à côté des conseils pour sauver son âme ' Des écrits qui rappellent la grandeur de l'Islam, se glisseront des indiscrétions sur de pimpantes starlettes. Qu'importe si leurs tenues affriolantes jurent avec la sobriété. Il y a aussi ces commerçants qui sauront accommoder les préceptes louant la fraternité, la compassion pour son prochain à l'appât du gain. « Ce qui est vrai en l'homme, ce sont ses contradictions », dit-on. Cette vérité est visible comme un croissant de lune par une nuit opaque. Des femmes et des hommes respecteront son esprit. Ils vont relire le Coran, méditer ses enseignements, se tourner un peu plus vers leurs semblables. Ici, ils apporteront une aide, ailleurs ils prendront part à une action charitable. Il y aura aussi ceux qui ne changeront rien à leurs habitudes. Et puis ceux qui tentent d'agréer Dieu et de mettre en rogne ses créatures. Ne cherchez pas, ils seront partout. A la moindre contrariété, ils vont bouillonner comme une marmite de chorba et dilapider en quelques secondes et mots l'inestimable capital que procure le Ramadhan. Ne cherchez pas à percer le secret de ces hommes coléreux et renfrognés. La faim, la chaleur ont sûrement leur part. Et si l'explication était simple et se traduirait dans beaucoup de comportements tout au long de l'année ' C'est la même « logique » de ceux dont l'attachement à la religion n'empêche pas de s'adonner à des plaisirs à la limite de l'illicite. Ils ont des dettes envers Dieu dont ils s'acquitteraient en priorité. Les hommes ' Ils peuvent au mieux attendre, et au pire subir leurs mauvaises humeurs.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : H R
Source : www.horizons-dz.com