
L'année 2015 pointe et les Algériens s'apprêtent à l'accueillir l'esprit chargé d'appréhensions sur ce qu'elle leur réserve. Il y a de quoi alimenter en effet en eux la crainte qu'ils auront à faire les frais en cette année nouvelle de révisions budgétaires et de mesures d'austérité qui s'annoncent inéluctables parce qu'imposées par la crise pétrolière dont l'Algérie subit de plein fouet les répercussions au plan financier.Il n'est jamais réjouissant de savoir que l'on est contraint à l'austérité d'autant que l'on s'estime avoir été des laissés-pour-compte de l'aisance comme cela a été le cas pour l'Algérie quand la manne pétrolière autorisait toutes les espérances pour ses citoyens. L'on comprend que les frustrations qu'ont ressenties les citoyens ayant ressenti le sentiment d'être les laissés-pour-compte leur font mal accepter les tours de vis qui s'annoncent pour cette année 2015 et dont ils redoutent non sans raison qu'ils en feront les frais au détriment de leurs conditions sociales déjà inacceptables.Les mesures auxquelles s'est résolu le gouvernement pour permettre au pays de faire face aux effets induits par la crise pétrolière ne rassurent nullement ceux-là qui n'y voient que restrictions encore sur une politique sociale dont ils contestaient bien avant le temps des «vaches maigres» qu'elle ne répondait aucunement à leurs attentes et revendications. C'est pourquoi à l'appréhension de devoir se serrer la ceinture qu'ont les Algériens en entrant dans la nouvelle année s'ajoute la crainte qu'une telle situation va remettre en cause la «paix sociale» qui avait permis à l'Algérie de rester à l'écart des bouleversements chaotiques qu'ont connus beaucoup de pays dans la région.Tant que l'Etat était vaille que vaille parvenu à calmer les frustrations sociales en puisant dans le matelas financier que lui procurait la manne pétrolière, la tension et les explosions auxquelles il a eu à faire face ont été contenues et gérées sans coût dramatique. Qu'en sera-t-il quand le concept même de «paix sociale» ne voudra plus rien dire pour une majorité de citoyens contraints à une «cure d'austérité» dont ils n'estiment pas être à l'origine des causes et que c'est à eux qu'elle impose encore restrictions et sacrifices 'Gouverner, c'est prévoir est-il dit. Les dirigeants qui président aux destinées de l'Algérie sont totalement dénués de cette capacité. Ils en font la démonstration par l'impréparation dans laquelle ils ont mis le pays en n'anticipant pas le «retour des vaches maigres» malgré les alertes que leur prodiguaient experts et institutions de tous bords, leur conseillant des politiques qui auraient permis au pays d'affronter au moindre coût sa survenance. Pire, ils persistent au maintien de cap dans leur gouvernance qui est celui de l'improvisation et du refus d'entendre les avis et préconisations sur un indispensable changement de méthode et de programme.Le mur, l'Algérie y va droit sûrement avec des révisions annoncées qui ne répondent nullement à la gravité de la situation devant laquelle elle est placée par le tarissement de sa manne pétrolière. Bonne année 2015 quand même à tous nos compatriotes et fasse que les anges gardiens de leur pays le protègent d'une catastrophe dont ses ennemis rêvent qu'elle se produise.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Kharroubi Habib
Source : www.lequotidien-oran.com