Les Oranais, dont la plupart ont les yeux rivés sur El-Djazira, tentent
par n'importe quel moyen d'exprimer leur colère contre ce qui se passe à Ghaza.
Ils n'arrivent pas à s'expliquer l'apathie de la rue algérienne, alors qu'à
Casablanca et Rabat, des millions de personnes battent le pavé depuis
pratiquement le premier jour de l'agression israélienne contre Ghaza. Hier
matin, et c'est pour la seconde journée consécutive, les lycéens essayent
d'investir la rue dans des marches spontanées. Après la tentative d'avant-hier
des lycéens d'El-Barki, contactés par leurs camarades d'un autre établissement
scolaire, ce sont ceux du Lycée Haddam, se trouvant aux Castors, qui ont tenté
eux aussi une marche hier en fin de matinée. Un autre lycée a vécu lui aussi
une agitation juvénile : lycée Tazi se trouvant au quartier de Carteau.
Contactés par leurs camarades du lycée Lotfi et ceux du lycée El-Hayat, une
trentaine de lycéens ont entamé une marche vite contenue par les éléments des
forces de sécurité qui étaient aux abords de leur établissement. Au quartier
Akid Lotfi, se trouvant dans la périphérie est d'Oran, des lycéens et des
collégiens ont eux aussi tenté d'investir la rue. Encore une fois, les
policiers dépêchés sur les lieux ont réussi à disperser la foule sans le
moindre heurt. Soulignons que depuis la reprise des cours, les lycéens, ne
disposant pas de cadre de regroupement et de concertation, s'échangent entre
eux des SMS pour appeler à des manifestations de rue.
Du côté officiel, deux meetings ont eu lieu simultanément à Oran dans
l'après-midi d'hier. L'un dans la salle El-Feth, présidé par Abou Djerra
Soltani en présence de Sami Abi Zohri, un cadre dirigeant du Hamas séjournant
actuellement en Algérie. Dans son allocution, Abou Djerra Soltani a déclaré que
« l'Algérie n'a aucune raison d'avoir honte puisque la position officielle
coïncide exactement avec la position populaire ». Son hôte, que le large public
qui a assisté est venu écouter, a été éloquent. Il commencera son intervention
en tonnant « nous envoyons un message à ceux qui se sont rangés du côté
d'Israël : Ghaza n'est plus seule. Tous les peuples de la planète se son
déclarés à ses côtés ». En échange de cet engagement des peuples, il
renouvellera la promesse de l'organisation qu'il représente « nous vous
promettons le sang et la résistance de notre peuple que Hamas ne pliera pas »,
et d'ajouter : « le moment où Israël sera rassuré parce que Hamas brandirait le
drapeau ne viendra jamais ». Se lançant dans une analyse des causes de
l'agression sioniste contre Hamas, il dira que son tort est « d'allier le
nationalisme arabe avec l'islamisme ». Notons que même les élus appartenant à
la tendance de Menassera au sein du MSP ont assisté à ce meeting. Soltani
devait prendre un vol sur Alger en milieu de l'après-midi. Ce qui explique son
départ précipité alors que l'assistance émettait le voeu de l'approcher. D'un
autre côté, plusieurs citoyens n'arrivent pas à s'expliquer la tenue de deux
meetings différents au même horaire par des formations se réclamant d'une même
alliance. Pour eux, les calculs politiciens ne sont pas étrangers à cette
dispersion. Au Colisée, le meeting auquel a appelé le président de l'APW n'a
pas connu la même organisation et la même affluence. Des députés appartenant au
RND et au FLN et même au FNA ont assisté à cette manifestation.
Cependant, certains observateurs estiment que la montée au créneau des
cadres politiques locaux vise en premier lieu à canaliser la colère des
populations qui devient de plus en plus grondante. Dans ce sens, on ne
s'empêche pas d'établir un lien entre la sortie des élus avec la marche prévue
par les syndicats autonomes pour aujourd'hui. En effet, selon certaines
informations, les avocats du bâtonnat d'Oran vont se regrouper devant le siège
de la Cour d'Oran une demi-heure avant l'horaire prévu pour le départ de la
marche. Après ce sit-in symbolique, ils rejoindront la marche en tenant leur
robe sur leur bras. D'autre part, on nous signale qu'au moins une partie des
médecins, actuellement en grève, vont se joindre eux aussi à la marche en
portant leur blouse blanche pour être visibles. Dans le même sens, on nous
affirme, qu'en plus des universitaires, puisque le CNES est membre de la coordination
qui a appelé à cette marche, certaines organisations estudiantines ont affirmé
leur participation à cette initiative. Enfin, il n'est pas exclu que des
membres de l'Association des anciens résistants d'Oran prennent part à cette
marche. Un des fondateurs de cette association siège dans la coordination née
au lendemain du regroupement de jeudi dernier, et qui s'est engagée pour la
réussite de cette manifestation prévue aujourd'hui à 14 h à partir de la Place
du 1er Novembre.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Ziad Salah
Source : www.lequotidien-oran.com