Oran - A la une

Manque de visibilité



La semaine qui s'achève aura été riche en enseignements pour les prochains mois, l'année prochaine. Autant sur le plan politique, économique que social. D'abord, elle aura apporté de l'eau au moulin de tous les adeptes de sinistrose économique qui parlent volontiers d'un autre cycle de crise systémique provoqué par une terrible contraction financière. Le rapport du gouverneur de la Banque centrale était d'ailleurs sans équivoque et particulièrement édifiant quant à un recours dangereux du gouvernement au financement non conventionnel. La Banque centrale a émis plus d'argent que prévu et cela explique au moins que le gouvernement fait face à de terribles enjeux d'équilibres des déficits, qui ont atteint le c?ur même des grandes entreprises nationales et la caisse des retraites.C'est dire que si le gouvernement Ouyahia garde le silence sur la situation explosive de l'économie nationale, il n'en demeure pas moins qu'il fait face à de terribles pressions. D'abord inflationnistes avec fatalement le recours à la planche à billets qui crée autant de problèmes qu'elle n'en résout. Ensuite par une brusque détérioration du marché pétrolier où les vents contraires d'un ralentissement de la croissance mondiale, sauf aux Etats-Unis en dépit du «shutdown», font que de nouveau le prix du baril replonge au-dessous des 50 dollars. C'est franchement stressant pour des pays comme le nôtre qui n'a pas d'alternative au «tout pétrole» pour vendre autre chose, mais également dont le confortable matelas de devises est en train de fondre irrémédiablement à mesure que baissent les recettes d'exportation de brut. En cela, le rapport de la Banque centrale a mis tout le monde devant ses responsabilités et averti sur la dangerosité d'un recours irréfléchi, ou par peur d'une fronde sociale, à la planche à billets.
L'autre inquiétude est que sur le plan politique et à moins de trois semaines de la convocation du corps électoral, c'est toujours le flou qui règne sur le devenir de la prochaine consultation électorale pour l'élection présidentielle. Certes, il y a eu ces déclarations du SG de la centrale syndicale UGTA qui a cependant beaucoup plus inquiété que rassuré l'opposition. D'autant que les partis de la majorité, et c'est là le côté kafkaïen de cette fin d'année, se murent dans un silence inexplicable quant à cette élection présidentielle, même si tout le monde sait que le candidat, dans le cas de sa tenue, sera Abdelaziz Bouteflika. Mais, le silence du FLN, du RND, de TAJ et du MPA a pris la forme d'une stratégie qui devrait trouver son explication dans une probable prochaine intervention publique du chef de l'Etat. Car l'annonce de Sidi Saïd faite aux «dockers» à Oran ne peut être le fruit d'une simple déclaration de leader syndical aux syndicalistes. Il faudrait donc s'armer de patience et attendre le cours que suivront les événements.
D'ici là, le front social est atteint de plein fouet, autant par une inflation qui ne descend plus des 4,5% que par le phénomène de l'émigration clandestine. Car si pour le gouvernement il s'agit d'un phénomène social tout à fait marginal, les experts, quant à eux, tirent la sonnette d'alarme. La jeunesse algérienne dans sa grande majorité et les universitaires également ne se projettent plus dans le pays, ils n'ont plus ni repères ni ancrages sociétaux. D'où cette angoissante question de savoir comment répondre à un formidable appel d'air, ce besoin pressant et urgent des jeunes confrontés au chômage, la mal-vie, le désespoir… autant de problématiques qui ne peuvent trouver un début de prise en charge que par une parfaite lisibilité des prochains événements sur le plan politique.
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