
Le décès du jeune Majid Ghabriyoutte et de deux autres malades à l'EHUO a secoué tout Oran. Et pour cause, leur décès est dû au manque d'hygiène, soit aux maladies nosocomiales.Dans l'après-midi de mardi, les parents, les amis et des connaissances de trois malades décédés ont organisé un sit-in devant l'entrée principale de cet établissement hospitalier. Parmi les personnes décédées, un jeune homme de 19 ans, Majid Ghabriyoutte, cuisinier à l'hôtel Sheraton, admis à l'hôpital pour une leucémie. Après deux séances de chimiothérapie, sa situation s'est nettement améliorée. Son organisme a bien réagi, si l'on croit un post de son frère aîné qui a fait le buz sur les réseaux sociaux. Les personnes qui se sont regroupées devant l'entrée principale de l'hôpital ont brandi des banderoles où on pouvait lire «Sauvons des vies», d'autres plus accusatrices«Vous l'avez guéri d'une leucémie pour le tuer d'une infection pulmonaire».En effet, dans le post publié par son frère sur sa page Facebook, on retiendra que Majid, trois jours avant sa disparition, a confié à son aîné : «On se croirait dans un haouch», en parlant de la salle où il était hospitalisé. Et d'ajouter : «La femme de ménage y entre et sort à sa guise.» Alors que cette salle, en raison de la perte de l'immunité du patient qui vient de subir une chimiothérapie, devait être «protégée» et surtout interdite d'accès sauf au personnel qualifié muni de masques, de gants et de tabliers stérilisés. Majid, selon son père, enseignant, succombe d'une aspergillose qui s'est traduite par un arrêt respiratoire. Sa disparition, survenue le 21 janvier dernier, est vécue comme une injustice, comme un coup du sort, par des centaines, voire des milliers de jeunes qui l'ont connu et côtoyé durant sa scolarité. Hasard du calendrier ou ironie du sort, juste quelques jours après sa mort, le CHU a organisé un colloque international sur les maladies nosocomiales.Ce genre d'atteinte a été qualifié par les participants de «fléau à éradiquer». La mort de Majid, désormais érigé en victime du laisser-aller régnant dans nos établissements hospitaliers, apporte un démenti flagrant aux déclarations du ministre de la Santé : «Le respect des normes d'hygiène en Algérie est devenue une réalité palpable.» Les mitoyens des infrastructures hospitalières et ceux qui s'y rendent relèvent que le personnel médical, y compris les médecins, se baladent dans les cafés mitoyens et à l'extérieur des hôpitaux en blouse, parfois crasseuses. Au grand mépris des règles élémentaires de l'hygiène hospitalière. En tout cas, les nombreux citoyens qui se sont regroupés avant-hier devant le siège de l'EHUO, dont les parents de Majid, ne cherchent pas à instruire le procès de nos établissements hospitaliers. Mais juste tirer la sonnette d'alarme. Et c'est un pas de géant...
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Z S
Source : www.letempsdz.com