Arrestation du propriétaire du palangrier et du collecteur d’argent
La présentation des 63 harraga, sauvés in extremis dernièrement par les garde-côtes au large d’Oran, a eu lieu au tribunal d’Aïn El-Türck, dans l’après-midi de jeudi dernier. L’événement ayant drainé une foule nombreuse, la séance a été plutôt houleuse.
En effet, les parents et amis des jeunes harraga, ainsi que de nombreux curieux, s’étaient rassemblés aux portes du tribunal, espérant voir les mis en cause en ressortir libres. Il en a été autrement puisque les 63 harraga ont été placés sous mandat de dépôt par le magistrat instructeur prés du tribunal d’Aïn El-Türck. Bien que souveraine, la décision du juge d’instruction a provoqué l’indignation des parents des harraga qui ont préalablement contesté le fait que la garde à vue de leurs enfants avait dépassé les 48 heures, durée maximale autorisée par la loi. Pour rappel, les 63 harraga ont été remis entre les mains de la gendarmerie nationale le dimanche 12 novembre 2006 dans l’après- midi. Ces harraga avaient pris le départ la veille, à partir de la plage d’Aïn El-Türck, à bord d’un palangrier immatriculé à Béni-Saf. A cause de la surcharge, leur embarcation a eu des difficultés et s’est finalement immobilisée au large, à quelques milles de la côte oranaise. Les garde-côtes informés, ont aussitôt entamé une opération de sauvetage. Les 63 harraga, dont un mineur, sont tous originaires de la ville d’Oran. Selon les déclarations de certains d’entre eux, ils ont versé chacun la somme de 15 millions de centimes pour prendre part à cette traversée qui promettait d’être sans danger et de tout confort puisqu’elle était initialement programmée à bord d’un chalutier. Les harraga se sont contentés d’un palangrier qui n’est pas conçu pour supporter le poids des 63 personnes à son bord, apprend-on de bonne source. En fait, selon des indiscrétions, l’information concernant la préparation de cette traversée a circulé de bouche à oreille, et une dizaine de jeunes, postulant à l’émigration clandestine, se sont présentés au moment du départ pour bénéficier gratuitement de la traversée. Effectivement, ils ont pu réussir à monter à bord, nous confiera-t-on, mais ont immédiatement rebroussé chemin à la nage, lorsque la première panne du moteur s’est déclarée à quelques centaines de mètres seulement du rivage. Ils ont sauté par-dessus bord, allégeant ainsi la charge, et l’embarcation a redémarré effectuant quelques autres miles, avant de s’arrêter définitivement. L’aventure s’est terminée par le sauvetage des 63 harraga qui ont été écroués jeudi et dont le procès est prévu pour dimanche. Aux dernières nouvelles, d’autres arrestations relatives à cette affaire ont été opérées. Nos sources font état de celles du propriétaire du palangrier et du jeune homme qui a collecté l’argent. Ces derniers représentent les pièces manquantes du puzzle qui, une fois assemblé, permettra de démanteler le réseau des passeurs. Un réseau qui n’hésite pas à risquer des vies humaines et exploiter le désespoir des jeunes.
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com