Oran - A la une

Malaise social



Disparités - Certains parents nantis ont les moyens d'avoir un plan B pour leurs enfants en leur ouvrant une boutique ou en investissant dans un projet, ce n'est malheureusement pas le cas pour toutes les familles.
Comment voulez-vous que des pères et des mères de famille ne soient pas mentalement usés à force de voir l'avenir de leurs enfants aller à la dérive avec toutes les grèves justifiées ou non qui secouent depuis des années le secteur de l'éducation '
Dans tel lycée il n'y a pas de professeur de mathématiques, dans tel autre le professeur d'anglais est en formation à l'étranger sans compter les débrayages cycliques et réguliers du personnel, un peu partout.
A l'université c'est pire, les étudiants sont l'otage des profs qui désertent les amphis pour réclamer une amélioration de leur salaire, presque tous les trimestres.
A titre d'exemple, l'Institut de génie civil d'Oran a fonctionné, au cours de l'année dernière, quatre mois seulement. Et à force de grèves à répétition, alternées entre celles des enseignants et celles des étudiants, l'établissement est presque interdit d'entrée.
Les retards s'accumulent, les examens sont différés et le marasme est généralisé. Quand un étudiant dont on a laminé la patience s'en retourne chez lui dans l'arrière-pays au beau milieu de l'année parce qu'il a du temps à l'université, imaginez dans quel état d'esprit peuvent être les parents qui ont tout misé sur lui ' C'est ce genre de découragement qui crée des tensions entre l'université et ses étudiants, l'université et les familles. Certains parents nantis ont les moyens d'avoir un plan B pour leurs enfants en leur ouvrant une boutique ou en investissant dans un projet, ce n'est malheureusement pas le cas pour toutes les familles.
La plupart d'entre elles revoient à la baisse leurs ambitions et font un trait sur les rêves qui les ont toujours bercées. Commencent alors l'angoisse et la peur des lendemains et le stress dans les foyers.
Ici, un étudiant qui a décroché son magistère, chôme et a des difficultés à trouver un emploi, là-bas un étudiant a abandonné momentanément ses études, les grèves cycliques l'ayant empêché de continuer son cursus... Mais il ne faut pas croire que seuls les étudiants ont le monopole du stress.
Le mal ronge toutes les couches de la société, les pauvres comme les nantis, les jeunes comme ceux dont l'âge est avancé, les femmes comme les hommes. Prenez le cas des visas.
Aucun Algérien, à quelques rares exceptions qui se situent au-dessus du panier, n'est assuré de l'obtenir rapidement et sans difficultés.
C'est le parcours du combattant en plus des frais, des humiliations et de la peur d'une réponse négative.
Soins médicaux, contrôle, examens, études de troisième cycle tout peut basculer parce qu'un fonctionnaire tatillon a décidé de répondre «niet».
Bref, les Algériens se battent aujourd'hui sur tous les fronts, sans répit contre la vie chère, la hogra, la bureaucratie, les grèves, le laxisme, la corruption, le harcèlement et l'injustice. Ils ont l'impression que personne ne les écoute et en cela ils n'ont pas tout à fait tort.
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