La salle Es Sâada était bourrée de spectateurs, lundi dernier, venus découvrir le film Majid, du réalisateur algéro-marocain Nassim Abassi.
Ce long métrage de presque deux heures raconte l'histoire bouleversante de deux enfants, Majid et Larbi, qui découvrent, via l'école de la rue, la notion de survie. Majid, orphelin, vit seul avec son frère aîné. Ses parents ayant trépassé dans un incendie alors qu'il était en bas âge, il n'a plus souvenance de ce qu'était leur visage, ce qui lui cause, fréquemment, des nuits cauchemardesques. Toutes les photographies les ayant immortalisés jadis furent détruites lors du sinistre. Il se dérobe du joug de son frère, qui veut l'emmener à l'orphelinat, et rencontre Larbi, un petit garçon plein d'allant, qui survit en vendant des cigarettes périmées.
Les deux gosses deviendront compères, et ensemble ils feront les quatre cents coups. Larbi décide d'accompagner Majid à Casablanca, où éventuellement il pourra trouver, aux dires de son aîné, une photo de ses parents dans la demeure de leurs anciens meilleurs amis. Ce voyage ne sera pas de tout repos pour les deux enfants, qui auront à faire face à des embûches en tous genres et à des péripéties terribles. Ce film dépeint avec dextérité le monde de la rue, parsemé de dangers et de périls de toutes sortes et qui rend ceux qui le côtoient rien moins que des laissés-pour-compte. Un monde où bien souvent, ceux qui le vivent finissent six pieds sous terre, des trépas générés par des bastonnades urbaines, où une seule règle est de mise : celle qui consiste à ce qu'il n'y ait aucune règle.
Larbi fera les frais de cette loi de la rue, qui le fera emporter dans l'au-delà, et cela en dépit de la peau dure qu'il s'y est forgé. La prestation des deux protagonistes est à saluer. Faut-il rappeler que les deux ne sont en rien comédiens de formation ' D'ailleurs, par sa dégaine, le personnage de Majid nous fait penser au petit garçon qui jouait dans Le voleur de bicyclettes de Vittorio de Sica ; quant au personnage de Larbi, ses galéjades et ses répliques bien placées nous font rappeler le célèbre humoriste franco-marocain, Djamel Debbouze. Ces deux graines d'acteurs ont réussi le tour de force de rendre leurs personnages sympathiques et attachants, auprès de l'assistance de cinéphiles, venue nombreux.
Majid est aussi le premier long métrage de Nassim Abassi, qui a d'ores et déjà reçu plein de distinctions : le prix du meilleur scénario au Festival national de cinéma, qui s'est déroulé à Tanger, ainsi que le prix «Le Faucon d'argent» au Festival du film arabe de Rotterdam et deux mentions spéciales, l'une du Jury au Festival international du film Cinekid (Amsterdam), et l'autre au festival «Lumière d'Afrique» en France.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : A K
Source : www.elwatan.com