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'MAJID' DE NASSIM ABASSI L'insoutenable drame des enfants



'MAJID' DE NASSIM ABASSI                                    L'insoutenable drame des enfants
Le merveilleux a nuancé cette comédie dramatique où les enfants ne sont jamais à l'abri de la tragédie.
Depuis le début de la compétition du 5e Fofa, les projections renvoient au spectateur, dans la plupart des cas, le reflet de sa propre réalité.
La démarche est parfois biaisée par la 'mission' qu'attribuent les réalisateurs eux-mêmes au cinéma. Les exceptions existent. Majid de Nassim Abassi (Maroc) en est une. Ce long-métrage (tous publics) qui a été projeté, avant-hier soir, à la salle Essaâda d'Oran, a réussi à capter l'attention des spectateurs ' surtout du jeune public ' fort nombreux. Majid c'est l'histoire d'un jeune orphelin de dix ans, qui n'arrive plus à se rappeler le visage de ses parents, morts dans un incendie. Il demande à son frère, Driss, de l'aider à se souvenir d'eux, à retrouver un cliché de ses parents, mais sans succès, car l'aîné de la famille, jeune et rêveur ne pense qu'à une seule chose : partir. Un soir, alors que Majid fait toujours le même rêve (sur une colline, il voit ses parents le tenant bébé dans leurs bras mais sans parvenir à voir leurs visages), Driss lui révèle qu'un ancien ami de la famille, M. Zoughi, qui vit à Casablanca, aurait en sa possession des photographies. C'est ainsi que naît le désir en Madjid de quitter Mohammedia pour Casablanca. Il fait la connaissance d'un gosse de son âge, Larbi, un vendeur de cigarettes, attachant et au grand c'ur. Et c'est ensemble que les deux garçons vivront de grandes et passionnantes aventures. Nassim Abassi, qui signe, avec Madjid, son premier long métrage marocain, a choisi de filmer ses personnages du point de vue des enfants. La caméra en contre-plongée a introduit les adultes dans l'univers des enfants, tout en accentuant le drame qu'ils vivent et l'injustice qu'ils subissent. En plus d'être privés d'école, de devoir travailler pour survivre, Majid et Larbi (véritables stars du film) se débattent dans un monde qui les ignore et ne les écoute pas. On retrouve le point de vue du réalisateur dans les prises de vue en plongée. Il nous montre les deux facettes d'une même ville : un côté aisé et propre, et un côté sale et terriblement triste. On passe sans transition parfois des beaux quartiers aux bidonvilles. Le film aborde plusieurs thèmes donc mais sa grande force est de raconter une histoire avec un peu de fantaisie et beaucoup de tristesse, sans pour autant que le regard tendre du réalisateur n'exprime de l'aigreur ou de l'amertume. Le merveilleux a nuancé cette comédie dramatique où les enfants ne sont jamais à l'abri de la tragédie. Malgré les jolies propositions, le film trainait un peu en longueur, et le discours des enfants était parfois plus mûr que leur âge. Madjid nous rappelle Charles Aznavour, qui chantait 'Et bien que miséreux, avec le ventre creux, nous ne cessions d'y croire'. De croire en la vie, même si ces enfants évoluent dans la rue (la quasi-totalité des scènes sont tournées à l'extérieur)' et la rue est un lieu effroyable pour les enfants.
S. K.
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