La crise manifeste de logement que connaîtla daïra de Maghnia, qui accuse un déficit de plus de 15000 unités, semble êtreaccrue à cause de la révision du PDAU auquel elle est assujettie et dontl'acheminement vers l'ultime étape, en l'occurrence l'approbation par l'APW,semble s'éterniser.La réalisation de tous les programmes delogement aussi bien sociaux locatifs, LSP ou promotionnels se trouvent ainsitributaires de cet instrument de planification urbaine initié voilà plus de 2années et pour lequel beaucoup d'effort ont été consentis et plus de 20rencontres de concertation, réunions de travail et des visites sur site ont étéeffectuées pour la réadaptation de celui de 1997 aux nouvelles donneséconomiques et sociales. C'est donc le PDAU qui fait écran et qui est premierfacteur de blocage de toutes les initiatives de développement de la daïranotamment en matière de réalisation de logements. Pour ne citer que le logementsocial locatif, un programme de 1800 unités se trouve ainsi entravé par cetinstrument et le lancement de sa réalisation demeure toujours en veille. Ensachant que plus de 12.000 demandeurs aspirent actuellement à des logements dece type, l'on comprend qu'il y a urgence et que l'approbation du PDAU est desplus pressants pour que les efforts de développement s'accordent avec lesgrandes actions du quinquennal et les grands moyens mis en jeu pour ledéveloppement local déployés par le pouvoir public. Le blocage dans laréalisation de logements et l'indisponibilité de terrains à bâtir pour lecitoyen est par ailleurs à l'origine de graves dérives qui ont engendré desconséquences néfastes pour asseoir une croissance urbanistique cohérente : la constructionillicite n'a jamais atteint auparavant un seuil aussi préoccupant et une réellecourse contre la montre durant cette période creuse (élections et fin demandats) est à l'origine d'un envahissement des terrains publics par desconstructions illicites anarchiques, la vente illicite du foncier privé et mêmepublic détenus par des particuliers qui les détournent de leur vocationinitiale principalement agricole et qui en abusent à leur guise. Dans ce cadre,l'on cite particulièrement l'envahissement quasi quotidien de la périphérie dela cité Hamri par des constructions illicites dont les initiateurs, loin d'êtredans le besoin, font appel pour leur réalisation à une main-d'oeuvre recrutéeparmi les immigrés clandestins subsahariens! Le cas de la cité Omar est de loinle plus saisissant par son caractère ravageur de foncier agricole lequel est encours d'être cédé illégalement par leurs «propriétaires» pour la constructionillicite. Craignant que ce genre de comportement «érode» les terres agricoles àl'Ouest de cette cité où de somptueuses constructions ont été déjà érigées surla bordure et la route, les services de l'agriculture ont consenti à sonintroduction dans le PDAU. Résultat : avant que le PDAU ne soit approuvé, unebonne partie cédée est déjà envahie par l'illicite. L'amertume est de taillechez les responsables des services de l'agriculture lesquels reprochent auxservices concernés leur torpeur vis-à-vis de la protection de ces terres cédéesdans le cadre de l'aménagement et l'urbanisme. Ces responsables estiment queplusieurs dossiers relatifs à la lutte contre le détournement du foncieragricole déposés auprès des services compétents restent jusqu'alors sans suite.«L'urgence dans l'approbation du PDAU et la rigueur dans la lutte contre l'envahissementdes terres sont les principales actions à entreprendre expressément sinoncelui-ci sera tronqué et perdra son objectif urbanistique» dira ce cadre del'APC lequel avoua que le service (personnel et moyens) de lutte contre laconstruction illicite répond de loin à l'importance du phénomène. Ceci serépercute sur l'intégrité de ce service auprès du citoyen qui lui reproche defaire dans la «démolition chirurgicale» allusion faite à ces démolitions quitouchent uniquement les murs en parpaings et qui épargnent les principalesstructures (piliers et ceintures). A noter qu'on est loin des banals taudisconstruits à la hâte, ce sont de réels chantiers qui érigent des constructionssomptueuses et luxueuses qui dégagent l'opulence de leurs propriétaires. «C'estune issue logique que de se rabattre sur l'achat de terrain illicite pourconstruire devant l'inexistance de lotissement ou de terrain réguliers à bâtir»dira ce commerçant avant d'ajouter «ceci incite inéluctablement les plustenaces à faire dans l'interdit et vendre anarchiquement leurs terres et mêmecelles qui ne leur appartiennent pas et ceci devant l'inflation quel'indisponibilité de terrains officiels à bâtir crée et qui a fait atteindre lem² de terrain illicite à 10.000 DA».
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Cheikh Guetbi
Source : www.lequotidien-oran.com