Oran - Revue de Presse

MAGHNIA: La BADR étouffe, les clients également



Aussi bien les retraités que le personnel de la Banque de l'agriculture et  du développement rural (BADR) locale, vivent une situation des plus inconfortables, à chaque échéance pour le payement des rentes et pensions du régime français. Le jour «j» c'est la cohue devant cette banque dont le cadre ne répond plus aux exigences actuelles. Dès 6h du matin la foule de retraités s'entasse devant l'entrée de la banque produisant un spectacle des plus désolants, dès 8h. Des hommes et femmes d'un âge forcément avancé (plus de 65ans), jouent des coudes aussitôt les portes ouvertes pour déposer leurs documents au guichet. Vers 10 h, et faute d'espace à l'intérieur de la banque, des dizaines de vieillards s'assoient à même le sol guettant l'apparition du préposé qui se pointe régulièrement pour appeler certains parmi eux à s'introduire pour l'encaissement. Le désarroi est général pour ces femmes et hommes qui endurent le calvaire à chaque paie notamment lorsqu'on sait que leur état de santé nécessite en général la disponibilité d'un minimum de confort tels les bancs et surtout les sanitaires… nécessité oblige, à chaque fois que le besoin est des plus pressants pour ces infortunés, l'entrée du bloc administratif jouxtant la banque est utilisé comme pissoir, une situation qui fait continuellement jaser le personnel du bloc. Les employés de la banque ne sont également pas en laisse de cette situation qu'ils assument difficilement. En plus le nombre de retraités qui est ponctuellement élevé auquel ils doivent faire face et qui frôle les 5.000 bénéficiaires de pensions de retraite, les lieux sont également une entrave à la bonne marche et à la fluidité car ils sont très exigus, ce qui est pour beaucoup dans cette situation lamentable pour les 2 fronts. Dans ce décor lugubre, aussi bien les retraités que les employés, sont outrés et présentent des signes d'énervement. «Nous dénonçons cette manière d'être traités et humiliés. Nous exigeons plus d'égard de la part des responsables. Cette banque est inadéquate pour répondre aux normes d'accueil », dira ce retraité qui témoigne « la faute n'incombe pas aux employés. Ils font de leur mieux pour faire face à la ruée mais le cadre exigu déplorable bloque nécessairement la bonne volonté ». A la question du pourquoi ne pas fixer des dates distinctes à chaque ensemble de retraités. Ce qui nous paraissait naïvement la solution idéale pour éviter cette cohue, n'est pas aussi évidente. En effet, cet employé a vite fait d'essuyer cette alternative « avec 5.000 retraités, si on fixe une date pour 250, il faut 20 jours pour que la totalité soit payée, ce qui est beaucoup pour les derniers servis. Ajouter à cela, les décalages qui seront engendrés par les jours fériés et les week-ends.

Cela deviendra ingérable ». Par ailleurs, contrairement à toutes les autres banques qui ont acquis des terrains et construit d'autres sièges somptueux et spatiaux qui se sont ainsi alignées sur la réalité actuelle telles la BNA, CPA, BEA… la BADR semble curieusement traîner et active toujours dans un siège très réduit.

 Aussi bien les employés que les opérateurs ne comprennent pas cette indolence de la part de leur direction générale qui est au fait de cette situation lamentable pour ses employés et ses clients. « Cette situation est à l'origine du maigre afflux d'investisseurs et opérateurs » dira cet employé qui argumente: «les investisseurs, invités par nous pour se rapprocher de notre banque, sont unanimes : nous viendrons quand le siège sera plus attrayant et plus accueillant ». On ne peut plus clair que la BADR qui occupe l'une des 3 premières places au niveau national, en nombre de clients, de retraités du régime français est contrainte à se doter d'un nouveau siège capable de faire face à cette tare et s'ouvrir d'autres horizons financiers.


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