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Maghnia,contrebande, épices et plages siamoises



Maghnia,contrebande, épices et plages siamoises
Ici, la propreté est de rigueur. Pas besoin de bacs à ordures ou alors elles sont rares sur les routes. Les habitations sont conçues dans une architecture unilatérale. R+1. Nul besoin vraisemblablement de construire sur des étages. C'est plutôt le jardin qui a la primeur. En plus des petits lopins de terre qui entourent la bâtisse. De la route, on aperçoit une mosquée, de petits commerces, une école... parfois le siège de l'APC quand c'est un gros village érigé en commune. Les noms de ces petites contrées qui parsèment cet itinéraire vers la ville frontalière du Maroc, défilent à la cadence des virages négociés en hauteur toujours. Des plaines, des ravins, des remparts en pierres, des remparts qui abritent des sortes de refuges, jadis lieux d'habitation des premiers Berbères de la région, des forêts... tout un paysage qui embrasse les nuages et rapproche le ciel de la montagne en un clin d''il.Territoire vaste à l'image de ce grand pays qui n'en finit pas de s'étirer. Merveilleusement. Et on se rend compte de cette grande étendue une fois les milliers de kilomètres avalés. Des paysages uniques, de part et d'autre, des noms évocateurs de hameaux dont quelques-uns ne sont sortis de l'anonymat qu'en ces tristes épisodes de la décennie noire. Aujourd'hui, ce n'est plus qu'un mauvais souvenir, et une mémoire qui tressaille au nom d'un disparu, à une date anniversaire... mais la vie continue et c'est mieux ainsi. Et sur le sol de ces villages enclavés il y a des années, avec la paix revenue, ce sont des cultures diverses qui poussent en donnant de l'espoir à ceux qui se donnent la peine de travailler. Le monde rural est dans ces plaines qui cachent encore sur quelques kilomètres la ville de Maghnia. C'est aussi un monde qui connaît les affres du chômage. Et qui rend vulnérable la jeunesse, frange la plus sensible de la société. D'où les maux de la drogue, phénomène endémique qui frappe la région. En plus de cette contrebande de carburant qui vient supplanter ce fléau. D'où la construction de belles maisons ces dernières années grâce à cet argent. Ce n'est pas un secret mais rien ne vient étayer cette thèse qui reste entendue mais pas déclarée. Alors, tacitement, on continue de trafiquer, de se faire de l'argent facile et on n'en a cure du reste...Une théière grandeur nature pour l'accueilVoici maintenant Maghnia. La ville a pris de l'ampleur. Avec de nouveaux édifices administratifs flambant neufs. Au centre ville, circulation automobile, afflux des riverains, commerces toujours ouverts en cette fin d'après-midi ...sur les hauteurs, le bon vieux grand café situé au grand angle de la rue qui monte vers le marché, encore plus de monde. Autour de cet espace commercial, des odeurs nauséabondes prennent le visiteur à la gorge. Des bennes, déborde un amas de détritus. Le quartier semble livré à lui-même. Sur les murs, il y a encore le visage et le nom des candidats au dernier mandat présidentiel, même en course aux législatives passées. Les chauffeurs clandestins attendent un client providentiel qui n'arrive pas. Même lorsqu'on lorgne de son côté, dans une invitation à peine camouflée pour emprunter ce moyen de locomotion. Ici, en plus, on préfère la moto ou le vélo. C'est plus pratique. Au marché, les boucheries et autres revendeurs de légumes ont depuis longtemps vidé leurs étals. Il reste les marchands d'objets artisanaux qui proposent une panoplie d'ustensiles, de bibelots et autres souvenirs en poterie ou en osier. Le cuivre se taille la part du lion. Les commerçants exhibent des théières, des plateaux, des faits-tout, des tadjin qui servent à la décoration ou à utilité multiple. Pour justifier les tarifs pratiqués, le revendeur donne la provenance : du Maroc, de Fès, dans la plupart des cas... et lorsque le client prend avec lui des cadeaux à offrir, il lui est accordé des rabais et un présent de la maison. Une dame qui se fait appeler Lakbida, native de la wilaya, annonce la couleur. Elle amorce allègrement une discussion avec le marchand lui faisant comprendre par là qu'on ne la lui faisait pas à elle. Elle marchande avec les subtilités du parler oranais, même maghnaoui, à forte consonance moghrabie, et finit par avoir le dernier mot, accordé et avec le sourire du vendeur. Puis direction les boutiques d'épices. Un bel achalandage de coloris et de variétés, savamment exposés pour tous les goûts et les exigences. Rien n'est oublié dans le lot. Lakbida porte son choix sur les accompagnements des viandes rouges et blanches, sur les poissons. En fine cuisinière, elle sait ce qui se concocte au fond des marmites et des mets de la région avec ces similitudes nostalgiques de la cuisine marocaine... l'influence est forte. Lalla est servie richement et sans discussion.Port Say pour un plongeon légendaireVers la sortie de la ville, qui s'apprête à accueillir la nuit, le pain fait maison, à base de semoule, de seigle, d'orge et de farine... tout chaud est proposé au passager qui n'hésite pas, par l'odeur alléché. En quittant Maghnia, une théière géante, version décor de la ville, comme elle accueille en guise de symbole le visiteur, le salue à son départ. Avant de reprendre le chemin inverse, Oujda à deux kilomètres seulement montre ses premières maisons. De l'autre côté, Marsa Ben M'hidi, plus connue sous l'ancien nom de Port Say, la mer, les dernières baignades et les vacances qui prennent fin. Beaucoup d'Algérois y ont trouvé leur eden. Le rush annuel et le dépaysement assuré pour nombre de citadins en mal d'exotisme. Deux plages jumelles, propres et accueillantes aux côtés de la grande plage qui s'étale sur près de deux kilomètres, Marsa Ben M'hidi au sable fin, sont lovées deux autres plages siamoises à l'état sauvage : Mouscarda 1 et 2. Ces petits bouts de plages jumelles sont en effet séparés par un gros rocher mais se donnent de l'écume comme en une. Un lieu atypique qui fait le bonheur des estivants et des riverains une fois les vacanciers partis, et le temps encore estival ...Direction l'autoroute Est-Ouest. Le tronçon est épargné par les travaux de réfection que connaissent d'autres itinéraires vers Alger.


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