
Près de cinq cents personnes s'étaient rassemblées, avant-hier, en face du siège de la division des douanes de Maghnia pour protester contre les amendes qu'ils doivent payer au Trésor public, suite à la saisie de leurs marchandises que la justice avait estimé provenant du commerce informel.«C'est quand même sidérant, l'amende est dix fois la valeur du produit saisi, c'est de l'irrationnel ! Pour un père de famille appréhendé avec une marchandise de 100 000 DA, il doit payer 1 million de centimes, en plus de la saisie de sa marchandise, du moyen de locomotion, en plus d'une peine de prison. Nous ne voulons que survivre, et si j'avais une telle somme, je ne m'aventurerais pas avec quelques chaussures ou des robes pour femmes provenant du Maroc. Qui veut-on duper ' La marchandise passe par nos frontières, malgré le creusement des tranchées», s'insurge un justiciable.Exhibant des slogans expressifs du genre «Ni domicile, ni gourbi, les amendes en milliards», les mécontents interpellent les pouvoirs publics : «Nous demandons que nos amendes soient réduites et pourquoi pas carrément effacées, nous n'avons rien volé. Quand on sait que notre pays a épongé des milliards de dollars de dettes de plusieurs Etats africains et qu'il nous appauvrit, nous ses propres fils, l'on se dit, alors, qu'il serait plus intéressant d'habiter au Bénin ou au Yémen pour être heureux».Des citoyens arrêtés pour possession de produits provenant de la contrebande (orange, olives, téléphones portables?) sont redevables au Trésor public de plusieurs milliards de centimes. «Je ne sais pas s'il faut en pleurer ou en rire, mais une femme a été condamnée à payer 13 milliards de centimes. La raison ' La pauvre, veuve et mère de quatre enfants, a été arrêtée en possession d'une quantité de robes pour femmes et d'autres accessoires. Comment voulez-vous qu'elle paye ' Avec quels moyens ' C'est stupide !»La contrebande a toujours sévi au su et au vu de tout un chacun sur cette région de l'extrême ouest algérien. Cela arrangeait tout le monde. Aujourd'hui, les pouvoirs publics semblent déterminés à en venir à bout. «On veut bien que l'Etat en finisse avec la contrebande, mais qu'on nous trouve une alternative pour ne pas mourir de faim», suggèrent des mécontents.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Chahredine Berriah
Source : www.elwatan.com