Les «affairistes des 10 et 15%» à l’origine du retrait de confiance
La commune d’Oran serait-elle la proie d’une tentative de déstabilisation à quelques mois seulement des élections locales? Les événements de ces dernières 48 heures tendraient à répondre par l’affirmative.
A l’origine de cette tur-bulence qui frappe l’Hôtel de ville, une pétition, établie au secteur urbain El-Emir et signée par 23 élus, appelant à la tenue d’une Assemblée générale extraordinaire ayant pour but «l’étude de la situation générale prévalant dans la commune», mais voilà que cette AGEX se transforme, par on ne sait quel tour de magie, en une réunion pour voter un «retrait de confiance au maire». Le ou les auteurs de cette pétition ne voulaient pas, en fait, débattre des problèmes mais de «déposer» purement et simplement l’actuel maire, M. Boukhatem Noureddine. L’astuce était bien pensée puisque presque tous les élus sont tombés dans le panneau et ont signé ladite pétition. Mais voilà, une fois le pot aux roses découverts, certains élus locaux ont compris le but de la manœuvre et se sont abstenus d’assister à l’AGEX et ceux qui étaient présents ont clairement fait savoir qu’ils étaient là pour discuter seulement des problèmes de la ville. Point de retrait de confiance! Que sont-ils venus discuter, donc? D’après eux, il s’agissait de débattre des problèmes des élus, des contraintes que leur oppose l’administration et le blocus que leur réserve le maire. Dès lors, pourquoi tout ce bruit sur un probable retrait de confiance au maire? Selon quelques indiscrétions, la «révolte» de certains élus est à chercher dans la dernière instruction adressée par le secrétaire général de l’APC au directeur des finances.
Cette instruction, datée du 3 juin 2007 portant le numéro 1438, autorise le directeur des finances «d’admettre en comptabilité même les factures signées unilatéralement par les directeurs de division et secteurs urbains en l’absence des signatures des délégués désignés respectivement». Cette instruction a été, soulignons-le, décrétée après que les directeurs de division et de secteurs urbains ont signalé que des élus ont été, à maintes reprises, des facteurs de blocage pour le règlement des situations pour les fournisseurs.
Cette note, a souligné le secrétaire général de la commune, M. Fakha Benaoumeur, ne porte aucunement atteinte aux prérogatives des élus. «Ils continuent à être habilités à signer les documents comptables (bon de commande, ndlr) ou documents techniques relatifs aux projets d’équipements, mais lorsqu’ils omettront d’apporter leur signature sur ces documents sans raison valable, l’administration pourra s’en passer», indique-t-il.
«C’est le fait qu’ils ne puissent plus faire pression sur les fournisseurs qui dérange certains élus. Les affairistes des 10 et 15% qui se sont remplis les poches, savent qu’ils n’ont aucune chance de refaire partie de la prochaine assemblée communale. Ils ont été touchés de plein fouet par cette instruction, qui tombe au moment où une moins-value importante est à l’horizon», a confié, par ailleurs, un élu. Pour sa part le maire d’Oran, M. Boukhatem Noureddine, se dira désolé que des élus aient d’autres préoccupations que de servir la ville. «Se battre pour la ville aurait été plus honorable pour eux à quelques mois de la fin du mandat», ajoutera le maire d’Oran qui a été soutenu, hier, par une nuée d’associations, de grandes figures d’Oran notamment et, fait marquant, par de simples citoyens touchés par le vent malsain qui souffle sur l’assemblée populaire communale. Il a déclaré enfin que «sa mission est de veiller sur le grain et servir le citoyen.»
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com