L'opérateur historique des
télécommunications algériennes, le groupe Algérie Télécom (AT, société par
actions)) est en pleine phase de mise à niveau, de rénovation et d'innovation.
Emplois directs : 26 500 salariés. Trois filiales : Djaweb pour les services,
AT Mobilis pour la téléphonie mobile (10 millions d'abonnés) et ATS pour les
services par satellite. Son bilan financier 2010 n'est pas encore établi, mais
AT investit sur ses fonds propres dans la nouvelle technologie «MSAN»
(équipement d'accès multiservice, téléphonie, adsl, vdsl..). La puissance de la
bande passante a été augmentée, Google va s'installer en Algérie, la qualité de
l'Adsl s'améliorera de plus en plus, c'est sur ces chantiers que M'hamed
Dabouz, docteur d'Etat en électronique, nouveau DG, est engagé. Avec conviction
et une confiance
en les ressources humaines du groupe AT.
En 2011, on constate que l'opérateur
historique Algérie Télécom (AT) a un regain d'intérêt pour le téléphone fixe,
pourquoi ?
Grâce à l'ADSL, Algérie Télécom relance
effectivement la téléphonie fixe et nous opérons sur deux axes. Tous ceux qui
ont déjà une ligne téléphonique ancienne, nous la raccordons au réseau ADSL. Il
y a beaucoup de cités, beaucoup de localités avec une grande demande d'ADSL.
Nous étendons le réseau fixe pour pouvoir alimenter et desservir ces localités
avec des technologies de plus en plus évoluées et adaptées aux services haut et
très haut débit. Que ce soit pour le particulier ou pour les entreprises,
l'Internet est devenu un besoin vital. Après la nourriture, l'eau,
l'électricité, le gaz, pour de nombreux Algériens il y a les services d'accès
au haut et très haut débit à Internet. C'est devenu un besoin. Aujourd'hui,
l'accès à Internet est indispensable, pour le travail, pour l'efficacité, pour
la rentabilité quotidienne.
Nous avons aujourd'hui trois millions
d'abonnés au téléphone fixe et nous avons 830 000 abonnés à l'ADSL, alors qu'il
y a deux ans on était à peine à 310 000. Cela veut dire que les taux de
raccordement augmentent très sensiblement. Nous avons un taux de croissance qui
dépasse les 50% par an. Ce taux de croissance est important parce qu'il
comporte la ligne téléphonique et l'ADSL. Cela entraîne le développement du
réseau urbain, filaire, et la fibre optique pour pouvoir offrir l'ensemble de
ces services. Il y a donc un programme d'investissement conséquent pour obtenir
des taux de pénétration très importants. Pour ce qui est des services à valeur
ajoutée, nous devons être en mesure d'offrir d'autres services notamment dans
le domaine du contenu. En plus des services dont le citoyen a besoin, comme la
vidéo, la télévision, ainsi que la voix sur IP par la «box STB» que la
technologie rend possible aujourd'hui, contrairement à la téléphonie ordinaire.
Il y a aussi d'autres services, comme l'hébergement des emails, nous comptons
aussi sur la créativité des entreprises de TIC qui travaillent autour d'AT, qui
sont de plus en plus fiables pour commercialiser ces services. Il y a
d'incontestables opportunités pour créer du contenu en Algérie.
Avec le déploiement de la technologie
MSAN, quelles sont vos perspectives ?
Le déploiement de la technologie MSAN
nous l'effectuons au même titre que France Télécom, par exemple. Maroc Télécom
vient à peine de lancer un avis d'appel d'offres pour l'introduction de cette
technologie MSAN. Nous voulons mettre à disposition plus de six millions
d'accès Adsl dans les 4 ou 5 ans à venir de manière à ce que chacun des ménages
d'Algérie puisse avoir un service d'AT au haut et très haut débit. Pour nous,
c'est très important. Bien sûr nous tenons compte du déploiement éventuel de la
3G, 4G et aussi des services d'accès par satellite (service de type Adsl par
satellite), c'est toute une stratégie que nous développons dans ce sens.
D'un autre côté, nous avons depuis fin 2009 à ce jour favorisé
l'utilisation de l'offre Adsl avec wifi ce qui permet à chacun des abonnés d'AT
de pouvoir partager l'accès de façon domestique. Pour ce type d'accès, on
considère compte tenu de la taille moyenne des familles algériennes, que cinq
algériens bénéficient de l'Internet. Finalement, nous avons plus de 5 millions
d'Algériens qui ont accès à l'Internet. Prenez les réseaux sociaux, comme
Facebook, il y a selon les statistiques plus d'un million deux cent mille
Algériens qui en font partie.
On parle de convergence entre le
téléphone fixe et le mobile. Dans ce contexte, peut-on aujourd'hui procéder à
des paiements avec le téléphone mobile ? Cela est possible, maintenant ?
Cela dépend. C'est possible pourvu que
l'on définisse la garantie de paiement. En Algérie, nous n'avons pas encore la
certification électronique pour mieux cadrer cela. Par exemple, il est plus
facile de passer du «M-paiement» (par le mobile) qu'au «E-paiement» (par
micro-ordinateur). Si l'on prend en compte le problème actuel que pose le
paiement en cash, il est tout à fait indiqué de procéder au plus vite à des
formes de paiement électronique. Régler sa facture de manière électronique
facilitera le recouvrement et améliorera la relation avec le client, que ce
soit celle de Sonelgaz, ou d'Algérie Télécom, ou de Mobilis. Nous travaillons
sur un projet qui va permettre au client d'AT de pouvoir régler sa facture pas
uniquement en débitant son compte bancaire, mais aussi son compte Compte
Courant Postal par le biais des «TPE» (terminal de paiement électronique)
d'Algérie Poste. Dans le même esprit que le service «Racimo» de ATMobilis.
Quel est le coût de ces chantiers dont ce
passage à une nouvelle génération d'équipements ?
Ça coûte cher. (Rires…) C'est Algérie
Télécom qui finance sur ses fonds propres l'ensemble de ces investissements
notamment celui du déploiement du MSAN. Ce sont des canalisations à creuser, de
la fibre optique à poser, des milliers et des milliers de km qui restent à
faire, des technologies complexes qu'il faut déployer à travers l'installation
d'équipements , des ressources humaines à former, pour pouvoir prendre en
charge l'exploitation de façon optimale l'ensemble de ces réseaux . Je dois
dire que ces chantiers, en termes d'engineering, ce sont les ressources
humaines propres d'Algérie Télécom qui ont travaillé, seules, et qui sont
d'ailleurs à féliciter.
Il est de notoriété publique qu'Algérie
Télécom a quelques contentieux avec certains partenaires. Dans le cas d'Anwar
Net, est-ce que c'est réglé ?
Le problème, qui avait été posé lorsque
nous étions en partenariat d'exploitation des réseaux «wimax» (sans fil) avec
«Anwar Net», a été réglé. Sans revenir sur l'historique de ce partenariat,
depuis mai 2010 chacun des deux opérateurs a repris l'exploitation de son
réseau, selon les autorisations de l'un et de l'autre à commercialiser
séparément ses services. Aujourd'hui, AT commercialise, seule, l'accès au
service «wimax» haut débit avec ses propres moyens, exclusivement pour les
entreprises. Et Anwar Net commercialise de son côté ses propres services.
Qu'en est-il du contentieux avec le
prestataire «Oria» ?
Nous n'avons pas de problème exceptionnel
avec ce partenaire, sauf un problème de créances. Lorsque nous sommes en
présence de problème de cette nature, nous estimons qu'il faut trouver les mécanismes
et les modalités pour que le règlement de ces créances se fasse. La téléphonie
ordinaire et notamment à travers des cabines téléphoniques sur laquelle opère
«Oria» ne constitue plus une source de revenu substantiel. Nous devons
reconsidérer, comment réutiliser ce service de manière à ce qu'il puisse
continuer à générer des revenus et d'autre part convenir aussi d'une façon de
travailler et d'opérer de sorte à éviter de nous retrouver dans des situations
contentieuses. Nous n'avons pas de problème autre que celui qui est lié à des
relations purement commerciales. Cette situation s'ajoute aussi au manque de
rentabilité de la téléphonie à travers les cabines telles qu'elles étaient
déployées. Nous avons eu des séances communes de travail et on a convenu de
revoir le service de manière à ce qu'il génère plus de revenus pour les deux
parties, normalement le problème est derrière nous.
Récemment, vous avez augmenté votre bande
passante internationale, quelle est sa puissance maintenant ?
Nous avons aujourd'hui les services
d'accès à Internet et les clients d'AT cherchent de l'information et du contenu
à l'étranger. Vidéos ou autres. Le Facebook, la mise à jour des logiciels… etc…
absorbent beaucoup de bande passante. C'est pour cela que le projet d'AT, en 2011,
est d'offrir des services qui vont réduire «la consommation de la bande
passante». Nous avons des contacts avec Google pour qu'il ait un espace
d'hébergement en Algérie, à travers lequel il y aura énormément de services
pour ceux qui font de la recherche avec Google en ayant de temps de réponse
rapide, sans solliciter l'usage de la bande passante à l'international.
L'internaute algérien sollicite la bande passante par le fait qu'il cherche
l'accès au niveau international. Avec l'augmentation du nombre de clients Adsl
d'AT, il y a effectivement nécessité d'élargir les capacités de la bande
passante à l'international, c'est pour cela que l'ancienne bande passante
allouée tendait à la saturation, et nous avons anticipé de manière à ce que les
clients nouveaux ne perturbent pas la qualité de service des autres clients.
Aujourd'hui nous focalisons surtout sur la qualité de service. Il y a eu des
améliorations nettes depuis 2009 et il y en aura encore. Nous sommes à 46,5
Gbit/ seconde à l'international exclusivement pour les accès internet à travers
les câbles sous-marins à partir de Annaba ou d'Alger et en 2011, nous comptons
également disposer d'une troisième liaison internationale à travers Oran. Le
projet du câble Oran-Valence est à ce propos très avancé.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Ali Bouazid
Source : www.lequotidien-oran.com