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LUTTE CONTRE LE CANCER



LUTTE CONTRE LE CANCER
Malgré la contribution annuelle des pouvoirs publics d'un montant de 18 milliards de dinars, la prise en charge des personnes atteintes par le cancer reste insuffisante. Gestion, organisation ou moyens insuffisants, tout y est, selon le secrétaire national chargé des dossiers spécialisés, M. Houari Kaddour.Mounira Amine-Seka - Alger (Le Soir) - Selon le rapport de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l'Homme (Laddh), le nombre de cancéreux s'élève à 480 000 patients, en plus des 50 000 nouveaux cas de cancer recensés chaque année, dont 1 500 enfants. Une moyenne de 5 nouveaux cas par heure chez les adultes et 4 chez les enfants.Chaque année, le cancer, classé deuxième cause de mortalité après les maladies cardiovasculaires, tue 1 200 personnes, avec un pourcentage de 21%, faute de prise en charge adéquate. Il faudrait savoir que par faute d'organisation et/ou de gestion, 70% des cas sont traités à un stade avancé de la maladie. Il arrive fréquemment que les malades meurent avant même d'entamer le traitement, puisque le temps d'attente entre le diagnostic et le rendez-vous pour la première séance de radiothérapie ou l'opération chirurgicale peut s'étendre entre un et six mois. Malheureusement, beaucoup meurent avant même leur première séance, malgré les neuf Centres anti-cancer (CAC) opérationnels en 2016 : le Centre Pierre-et-Marie-Curie d'Alger, Blida, Oran, Ouargla, Constantine, Laghouat, Sétif, Batna et Annaba. Làencore, les familles des malades ont recours aux connaissances pour obtenir un rendez-vous rapproché, selon la Laddh. Concernant la prise en charge, là est un autre problème auquel font face les familles du malade. Entre les pénuries des médicaments antidouleur nécessaires lors des séances de chimiothérapie, faute de prévisions, et les frais des soins médicaux, pas toujours à la portée de tous les malades, la ligue souligne que le montant d'une séance de radiothérapie chez le privé s'élève à 13 000 DA. Un montant que les services de la Sécurité sociale n'en rembourse que 400 DA, tandis que la famille débourse entre 600 000 et 800 000 DA entre les transports, l'hébergement (souvent une chambre d'hôtel), les analyses de laboratoires, les radios et autres dépenses post-thérapeutiques. La ligue tire la sonnette d'alarme quant aux malades de l'Algérie profonde pour qui se soigner relève du parcours du combattant, face au manque cruel des centres de soins spécialisés dans leurs localités.Au vu de ce bilan désastreux, M. Houari Kaddour pose la question : «Où vont les 18 milliards de dinars du fonds spécial que réservent les pouvoirs publics pour l'amélioration de la prise en charge des malades '», rappelant que le droit aux soins est un droit constitutionnel auquel tous les malades, quels que soient leur sexe, origine ou région, lieu de résidence et moyens, ont droit.Pour mieux lutter contre le cancer, la ligue conseille de mettre en place un meilleur plan de communication, d'abord, puis logistique.Selon le bureau national chargé des dossiers spécialisés, les campagnes de communication et de dépistage précoce de la maladie doivent être améliorées, ce qui permettrait à bon nombre de personnes d'être prises en charge dès les premiers signes de la maladie, contrairement aux milliers qui meurent à cause du dépistage tardif. Quant aux localités qui se trouvent loin des CAC, il serait important de former les médecins généralistes qui y exercent. Aussi, afin de lancer des études épidémiologiques descriptives et analytiques de ce fléau par région, il serait nécessaire à chaque wilaya de recenser tous les cas de cancer pour identifier et appréhender les types d'affections de chaque région et de là à déterminer les causes de cette pathologie. Pour une meilleure organisation et dans le but d'obtenir un bilan proche de la réalité, puisque les plus démunis se tournent vers les associations, la ligue invite l'ensemble des acteurs à favoriser la coordination, notamment le mouvement associatif. Selon ce communiqué, les origines de cette maladie sont nombreuses, dont les emballages plastiques des boissons (eau, limonade et lait), sans évoquer les différents additifs, colorants et conservateurs dans les produits alimentaires industriels. Concernant les différentes viandes, le délai d'attente pour l'élimination des toxines médicamenteuses qui est de 15 jours, après la vaccination du cheptel, n'est pas toujours respecté, ce qui amène le consommateur à développer une antibiorésistance.La ligue indique également que le consommateur est aussi affronté aux différentes retombées de l'abus d'utilisation des pesticides dans l'agriculture, soulignant que le tabagisme est le premier responsable de la prolifération de cette maladie.
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