La porte-parole du parti des Travailleurs (PT) Louisa Hanoune a salué,
hier, la lutte que mènent les autorités contre la corruption mais affirme, en
parallèle, «qu'on ne peut pas lutter avec les institutions et tous ceux qui ont
généré cette corruption».
Louisa Hanoune est convaincue que
sans la séparation des pouvoirs et l'indépendance de la justice, il n'y aura
pas d'efficacité contre ce fléau de la corruption dont les germes remontent,
a-t-elle déclaré, au règne du parti unique. S'exprimant à l'occasion d'une
conférence de presse, organisée au siège de son parti à El-Harrach, Hanoune a
évoqué ce qu'elle qualifie de «deux poids deux mesures» dans cette lutte des
pouvoirs publics. Elle citera, notamment, le cas du secrétaire général du
ministère des Travaux publics incarcéré depuis quatre mois alors que son
inculpation, ajoute-t-elle, n'a pas été formellement établie. En parallèle,
soutient encore la porte-parole du PT, certains, sont dehors jouissant de leur
liberté, même s'ils ont été mis sous contrôle judicaire.
Louisa Hanoune qui, tout en se
disant respecter la présomption d'innocence de tout le monde, s'interroge,
cependant, sur le cas, dit-elle encore, de certains ministres et hauts
responsables qui ont été cités dans la presse et qui n'ont jamais été
iniquités.
«On ne veut pas que des lampistes
paient à la place des autres» tonne la conférencière qui plaide pour une
rupture avec les anciennes pratiques.
Même si Louisa Hanoune dit
clairement qu'elle soutient la démarche et «les bonnes intentions» du
gouvernement, dans la lutte contre la corruption, elle émet de sérieuses
réserves quant à la finalité de cette «campagne» si de nouvelles instituions ne
sont mises en place. «On ne peut pas faire du neuf avec du vieux» ajoute
Hanoune qui s'interroge, par ailleurs, sur ce qu'elle qualifie de «campagne de
dénigrement contre la Sonelgaz». Cette dernière a versé au Trésor public trois
milliards de dinars, poursuit la conférencière en expliquant qu'il existe une
volonté de casser cette entreprise pour pouvoir la privatiser. Auparavant,
l'ancienne candidate à l'élection présidentielle a abordé la situation
économique et sociale du pays.
Même si des avancées notables
sont constatées, dira Louisa Hanoune, il reste encore beaucoup à faire. Ainsi
pour faire face à la spéculation entretenue ces derniers jours sur certains
produits de large consommation dont les prix ont connu une hausse subite, la
porte-parole du PT propose de réhabiliter les grandes surfaces (Les souks
El-Fellah notamment) sous la supervision de l'autorité publique pour permettre
aux citoyens de s'approvisionner à des prix raisonnables. Ces grandes surfaces
existent même dans les pays développés ajoute Hanoune. Cette dernière ira même
jusqu'à suggérer de distribuer des «bons», comme cela se fait au Venezuela.
La porte-parole du PT a plaidé,
hier, pour un retour du «monopole de l'Etat sur le commerce intérieur». C'est
un moyen efficace d'amener les commerçants et autres spéculateurs à revoir
leurs prix et leur copie, selon la conférencière qui n'hésite pas, par
ailleurs, à critiquer l'Organisation mondiale du Commerce (OMC), l'Union
européenne (UE) et la zone arabe de libre échange (ZALE).
«Les responsables reconnaissent,
enfin, que notre jugement sur l'accord d'association avec l'UE est juste» lance
Mme Hanoune qui ajoute que l'Union européenne traverse une crise sans précédent
et par conséquent à plus que jamais besoin de notre argent.
Louisa Hanoune a, par ailleurs,
appelé les responsables à faire le bilan de tous les secteurs, depuis l'année
1993. «La nouvelle orientation économique nécessite de nouvelles institutions
et des garde-fous» souligne la porte-parole du PT qui dit que même s'il y a des
avancées, il existe encore des blocages et des obstacles érigés par des
«centres d'intérêts maffieux». Concernant les grèves des praticiens de la
Santé, la porte-parole dira qu'elle soutient leur mouvement et tous les autres
mouvements syndicaux.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Z Mehdaoui
Source : www.lequotidien-oran.com