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LOUNIS AIT MENGUELLET HONORE À TIZI-OUZOU Un hommage superlatif



Les journées d'étude organisées dernièrement par la direction de la culture autour de la vie et de l'œuvre de Lounis Aït Menguellet ont permis de revisiter le parcours artistique et poétique de l'artiste qui a été salué en des termes élogieux par des universitaires, artistes et le grand public, venus nombreux assister à cet événement.
Un hommage superlatif et en majuscules lui a été rendu par beaucoup de personnalités qui l'ont côtoyé et accompagné dans son parcours et qui ont vu en lui l'incarnation du poète chanteur qui a donné ses lettres de noblesse à la chanson et à la poésie d'expression kabyle qu'il a hissées au rang de l'universalité. Du coup, d'aucuns comme Hacène Hirèche, enseignant à l'université Paris 8 (France), n'ont pas hésité à appeler les responsables politiques et de l'institution culturelle à tout faire pour rendre possible la consécration de Lounis Aït Menguellet par le prix Nobel de littérature. «Si le prix Nobel de littérature devait être décerné un jour à un auteur algérien, il ne le sera que pour Lounis Aït Menguellet», dira, convaincu, Hacène Hirèche avec la fougue de l'admirateur sans se départir, pour autant, de la lucidité du chercheur qui doit s'astreindre à l'objectivité. Ce à quoi il s'est attaché dans sa conférence donnée la veille et où il s'est livré à un essai d'analyse d'un poème chanté d'Aït Menguellet. Idurar(les montagnes) est un poème à travers lequel l'artiste jette un regard contemplatif sur son environnement (la montagne) qui l'a vu naître. «Avec à la fois passion et recul, le poète, qui aime à regarder simplement les montagnes du pays, la solidité des falaises, la permanence des arbres, l'écoulement de l'eau, collectionne les images à travers lesquelles il nous rappelle les valeurs qui fondent l'univers kabyle, un univers où sont ancrés les mythes fondateurs de l'Algérie, de l'Afrique du Nord», analyse le conférencier pour qui le poète «nous offre une éblouissante illustration dont les hommes s'abreuvent de leur environnement pour vivre et donner à voir leur identité et leurs émotions. Là, le regard du poète devient, à la fois, celui de l'analyste, du sociologue, du philosophe…» Pour leur part, Flici Kahina, Saïd Chemmakh, tous deux enseignants à l'université de Tizi-Ouzou, et Allaoua Rabhi, auteur d'une thèse de doctorat sur le répertoire chanté d'Aït Menguellet et enseignant à l'université de Béjaïa, ont pris part à ce colloque où, selon la problématique élaborée pour cette rencontre, «il sera question d'étudier les formes d'intertextualité présentes dans l'œuvre poétique du poète, ainsi que l'adaptation dans certains de ses textes». A travers la démarche analytique d'ensemble, ce sont de nouvelles pistes qui sont proposées pour la lecture et la compréhension de la poésie d'Aït Menguellet. Le deuxième jour de cet hommage a été consacré à des témoignages. Des artistes, des amis et des parents du chanteur sont venus dire avec beaucoup d'émotion et de vérité sur le parcours de l'artiste dont le monde a salué le talent et le mérite. Taleb Rabah, Akli Yahiatène, Kamal Hamadi, Nouara, Rabah Asma et bien d'autres se sont relayés pour dire tout le bien qu'ils pensent du poète chanteur «qui, raconte Rabah Asma, a bercé mon enfance» et qui a toujours témoigné «respect et reconnaissance aux anciens», dira Taleb Rabah, l'un des représentants de la première génération de chanteurs kabyles. Mais c'est son cousin Ouahab Aït Menguellet, son cousin et maire actuel de la ville de Tizi-Ouzou qui a parlé avec beaucoup d'émotion de celui dont il se dit fier d'avoir participé à l'éclosion et au démarrage de la carrière. «J'étais convaincu, il y a 40 ans, que Lounis irait loin et qu'il mènerait loin la chanson kabyle», dira l'actuel maire de la capitale du Djurdjura, qui rapportera beaucoup d'anecdotes sur les débuts artistiques de son cousin, Lounis. «C'est à Oran que Lounis enregistrera son premier disque, chez un chanteur sétifien établi à Oran et propriétaire de la maison de disques Alhan Al Djazaïr. Celui-ci n'hésitera pas à accepter d'enregistrer la chanson que j'ai ramenée par des moyens détournés de la Chaîne II de la Radio nationale grâce à l'aide de Abdelmadjid Bali, producteur et animateur bien connu de l'émission enfantine au sein de cette chaîne. Le choix de la ville d'Oran est venu suite à la condition imposée par l'éditeur algérois Oasis qui voulait que Lounis chante des textes mélangeant l'arabe et le kabyle. Ce que nous avons refusé, Lounis et moi», racontera avec beaucoup d'émotion Ouahab Aït Menguellet qui s'est dit fier d'avoir été dans l'éclosion de la carrière de son cousin chez qui il dit avoir décelé, il y a 40 ans, les prémices d'un chanteur et d'un poète qui marquera son époque et qui enrichira le répertoire lyrique et la poésie d'expression kabyle.
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