Toute une
peuplade de marchands ambulants caractérise l'essentiel de l'ambiance qui règne
à longueur d'année dans les alentours immédiats du marché de vente en gros de
fruits et légumes, les Halles Centrales. Qu'il vente, qu'il pleuve ou sous un
soleil de plomb, une cohue de jeunes et moins jeunes revendeurs fait le pied de
grue dès les premières heures de la matinée devant les établissements, versés
dans la location de petites charrettes, qui ont fleuri tout autour dudit
marché. Ces chariots, qui font désormais partie du paysage de la cité, sont
cédés à la location entre 400 et 700 dinars pour la journée. Une aubaine pour
les jeunes chômeurs, qui trouvent leur compte en sillonnant les rues et les
cités, en poussant leurs chariots pour proposer à la criée leur marchandise,
composée en général de fruits et légumes. «J'en tire un certain bénéfice, qui
m'aide grandement à subvenir aux besoins de ma famille. Ce n'est pas évident
car c'est dur comme travail, mais je n'ai pas le choix, c'est de loin mieux que
d'aller grossir le rang des chômeurs », a expliqué en substance un jeune
marchand ambulant, qui venait de débourser 600 dinars pour la location d'une
charrette.
«J'ai fait mes
débuts de marchand ambulant avec une charrette attelée à une bête de somme que
j'ai achetée après avoir sacrifié toutes mes économies. Je décidais de la
revendre lorsque je suis parvenu un matin à échapper in extremis à la police,
qui procédait à une opération de saisie des charrettes. Un voisin me loue sa
carte d'autorisation pour exercer cette activité et me permet également de
louer un chariot. Du moment que je gagne ma vie, je n'ai pas à me plaindre », a
confié un autre jeune revendeur. Toujours est-il que c'est en fin d'après-midi
que ces marchands ambulants restituent les chariots loués après avoir écoulé
leur marchandise. Chaque chariot dispose d'un lieu de prédilection, que ce soit
dans l'une des cités ceinturant la ville ou dans les différents faubourgs de la
ville.
Les marchands
ambulants préfèrent observer une halte loin des marchés d'où ils sont interdits
en général par les commerçants. «Ils n'hésitent parfois pas à user de violence
pour nous chasser en argumentant une concurrence déloyale. Nous n'obligeons
pourtant pas le client à venir s'approvisionner à notre étalage», a encore
révélé le propriétaire d'un chariot avant de renchérir : «J'ai un certain
avantage par rapport aux autres marchands ambulants. La raison est bien simple
parce que je travaille avec ma propre autorisation ». D'autres encore, disposant
de cette précieuse autorisation d'exercer, se sont spécialisés dans la revente
de poissons. Ceux-là s'approvisionnent pour leur part au niveau du port
pêcherie.
A noter, dans le
même cadre, que les véhicules hippomobiles des revendeurs ambulants de fruits
et légumes et divers autres produits ont refait leur apparition dans les rues
et les artères de la ville. En vérité, ils n'ont jamais réellement disparu,
mais ils prenaient soin d'éviter les grandes artères de la ville de crainte de
se faire saisir. Leur réapparition, même sur certaines grandes artères de la
ville, contribue malheureusement à la dégradation du paysage de la ville d'Oran
dont le blason est déjà terni par le manque d'hygiène, conjugué à l'incivisme.
En dépit d'un arrêté, stipulant leur interdiction de circuler, qui a été
promulgué récemment par la wilaya, les charrettes attelées à des bêtes de somme
ont recommencé à sillonner les rues d'Oran après une relative disparition. Ils
sont notamment utilisés pour le transport des fruits et légumes, qui sont
proposés à la vente à la criée dans les cités et les quartiers. Leurs
déplacements d'un endroit à l'autre de la ville sont à l'origine de nombreux
désagréments causés à la circulation automobile et piétonnière, ainsi qu'à
l'environnement.
Les propriétaires
de ces charrettes sont généralement des membres de familles issues de l'exode
rural, ayant fui la pauvreté et l'absence de débouchés prévalant dans leurs
contrées d'origine. Ces familles ont, dans leur grande majorité, élu domicile
dans les constructions illicites ceinturant la ville. Dès les premières lueurs
de l'aube, ces véhicules hippomobiles convergent, à partir des bidonvilles,
vers le marché de vente en gros de fruits et légumes, les Halles Centrales,
leur lieu d'approvisionnement, avant de se dispatcher dans différentes parties
de la cité.
Par ailleurs,
dans un bilan semestriel, pas moins de 65 charrettes hippomobiles et 615
tractées manuellement ont été saisies par les services de police, soit un total
de 680 charrettes saisies. Cette opération menée par les éléments de la voie
publique depuis plusieurs mois se poursuit toujours à travers les quartiers
commerçants de la ville. Des actions initiées conformément aux instructions de
la wilaya et qui portent sur l'interdiction à la circulation des véhicules
hippomobiles à l'intérieur du tissu urbain. Ainsi et depuis l'instauration de
ce dispositif, le plan d'action mis en place par ces services a donné lieu à la
saisie de 146 tables métalliques. Cette disposition initiée dans le cadre de la
lutte contre le marché informel vise à mettre un terme à l'anarchie et aux
dépassements causés en matière de pollution et d'entrave à la circulation.
Pour rappel,
l'arrêté de la wilaya est entré en vigueur en 2007 et s'est traduit par le
renforcement des dispositions pour mener à terme cette action. En plus des
moyens humains, d'importants moyens matériels, notamment des camions ont été
mobilisés par l'APC et la daïra. Des entrepôts ont été aussi aménagés pour
parquer les hippomobiles saisis. Notons que ces opérations sont lancées dans
les quartiers de Maraval, Boulanger, El Hamri, Médioni, Gambetta, entre autres.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Rachid Boutlélis
Source : www.lequotidien-oran.com