Ahmed Ouyahia a instruit les membres du gouvernement de mettre en oeuvre
de nouvelles dispositions dans le cadre des passations de marchés publics et ce
conformément à la nouvelle directive présidentielle.
C'est par son instruction du 21
décembre dernier que le Premier ministre a commencé par préciser aux ministres
qu'il est entendu par «marchés publics, l'ensemble des contrats engageant des
deniers publics, conclus par les administrations centrales et déconcentrées,
les collectivités locales, les établissements publics, les entreprises
propriété de l'Etat, ainsi que celles dans lesquelles l'Etat détient une part
de capitaux.» Et conformément à la directive présidentielle dans son volet de
«centralisation des études de faisabilité réalisées (...)» tel qu'ordonné par
le président de la République en rapport avec « l'existence à l'étranger d'un
véritable marché d'études virtuelles et fictives (...)», Ouyahia instruit les
membres du gouvernement de «réduire le recours aux bureaux d'études étrangers
pour la préparation des dossiers de marchés publics, y compris pour la
préparation de dossiers réformes et modernisation des services publics, ou des
dossiers d'ouverture du capital des entreprises publiques».
Il demande à ce que ce recours
soit «limité aux grands projets d'infrastructures pour lesquels le savoir-faire
national demeure encore insuffisant». Il leur fait savoir que «ces commandes
auprès des bureaux étrangers se traduisent très souvent par leur sous-traitance
avec des compétences nationales établies localement, coûtent des montants
importants en devises transférées et mettent à la disposition de parties
étrangères des informations très larges sur l'économie nationale et même sur
des secteurs de l'Etat». Les transferts de devises occasionnés par le recours
aux bureaux d'étude étrangers sont passés, écrit Ouyahia, de 4 à 11 milliards
de dollars durant les quatre dernières années.
Entre autres instructions que le
Premier ministre donne au ministre des Finances, d'engager des contrôles par
l'IGF «chaque fois que cela semble approprié».
La Caisse nationale d'équipement
et de développement (CNED), rattachée au ministère des Finances, doit
bénéficier d'un renforcement de ses capacités «en vue de promouvoir son rôle
dans l'appréciation et le suivi des études et des réalisations».
La CNED devra se préparer «à
court terme, à émettre des avis sur la validité des projets de commandes
d'études auprès de bureaux étrangers (...).» Et «à moyen et long terme, à être
érigée en instance chargée de la réalisation des études relatives aux marchés
publics importants». Le champ d'application du code des investissements devra
être élargi «de sorte à encourager la création de bureaux d'études qualifiés
(...).»
C'est le ministre des Finances
qui est chargé d'initier une révision des textes réglementaires codifiant les
marchés et dépenses publiques. Il est aussi tenu de mettre en oeuvre de
nouvelles mesures permettant aux contrôleurs financiers et à l'IGF «de jouer un
rôle d'observateur actif et défensif (...).» Le Premier ministre donne « au
plus tard à la fin du mois de février prochain» au ministre des Finances pour
remettre sa copie. Il lui demande aussi par ailleurs ainsi qu'au directeur
général de la fonction publique de lui proposer un texte réglementaire
instituant la fonction de conseiller juridique telle que consignée dans la
directive présidentielle.
Ouyahia instruit, en outre, les
ministres présidents d'assemblées générales de sociétés de gestion des
participations, de «dynamiser les préparatifs des dossiers de redressement des
entreprises publiques viables disposant de plans de charge au niveau de leur
secteur et de les soumettre au Conseil des participations de l'Etat pour examen
et mise en oeuvre». Comme le président de la République, le Premier ministre
s'abstiendra d'évoquer les sommes colossales d'argent qui ont été données en
dessous-de-table, sous forme de commissions à plusieurs niveaux des
institutions de l'Etat et de responsabilité.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : sofiane
Ecrit par : Ghania Oukazi
Source : www.lequotidien-oran.com