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Libye-Polémique suite à des déclarations officielles sur l'existence de groupes extrémistes armés



Libye-Polémique suite à des déclarations officielles sur l'existence de groupes extrémistes armés
Pour le ministre libyen de l'Intérieur, Faouzi Abdel Aal, il existe en Libye des « formations extrémistes » bien armées et numériquement forts. Il faisait référence à des groupes organisés qui ont démoli ces derniers jours plusieurs vieux mausolées soufis. Pour rappel, les forces de sécurité libyennes ont été accusées de laxisme suite à ces opérations menées par des présumés « salafistes ».
Les déclarations du ministre libyen de l'Intérieur, Faouzi Abdel Aal, relatives "à l'existence de forces dans le pays", agissant, selon lui, en dehors de l'autorité de l'Etat libyen, a suscité un vaste débat dans l'opinion entre ceux qui les dénoncent et ceux qui accusent le ministre lui-même d'être complice de ces forces.
Le ministre de l'Intérieur Faouzi Abdel Aal a mis en garde, lundi soir au cours d'une conférence de presse dans laquelle il annonçait avoir retiré sa démission, contre l'existence de "grands groupes" qu'il a qualifiés d'extrémistes armés en Libye, soulignant qu'il ne veut pas s'engager dans "une bataille perdue" avec eux à cause de la destruction de plusieurs sanctuaires de sommités du mouvement soufi en Libye.
Il a ajouté que "ces gens représentent une grande force en termes du nombre et de l'équipement trouvé en Libye. Je ne vais pas livrer une bataille perdue d'avance et tuer des gens pour des tombes. Si nous optons pour une solution sécuritaire, nous utiliseront les armes avec ces formations. Ces personnes possèdent des armes et sont en grands nombre. Nous ne devons pas fermer les yeux sur ce sujet".
Des "extrémistes" présumés salafistes ont détruit, jeudi dernier, le sanctuaire d'un des pôles du mouvement soufi dans le pays, le Cheikh Abdelssalem Al-Asmar, qui aurait probablement vécu au XVIème siècle dans la ville de Zliten (160 km à l'est de Tripoli) et ont brûlé la bibliothèque de la mosquée Al-Asmaria annexe au sanctuaire et qui a formé de milliers d'érudits du Coran en Libye.
Un autre groupe a procédé, samedi dernier, à la démolition de la tombe d'Al-Chaab Al-Dahmani, un autre Cheikh soufi en plein c'ur de Tripoli et ont profané sa tombe et détruit la mosquée annexe au sanctuaire en utilisant des bulldozers géants sous la garde de véhicules équipés des canons antiaériens de calibre 14,5. Des informations en provenance de Misurata (200 km à l'est de Tripoli) ont fait part de la destruction, le même jour, du tombeau du Cheikh Ahmed Al-Zarouk, un savant soufi.
Le ministre de l'Intérieur libyen a annoncé, lundi, être revenu sur sa décision de démission, qui a été présentée dimanche sur fond de critiques des forces de sécurité pour des raisons liées à l'insécurité.
Le ministre libyen a déclaré: "Lorsque j'ai présenté ma démission, je pensais que j'allais soulager un grand nombre de personnes, mais il semble que ma démission a compliqué davantage la situation sécuritaire. J'ai donc décidé de revenir sur ma décision".
"Je retire ma démission et je suis prêt à continuer mon travail", a-t-il affirmé, dénonçant la guerre menée par les médias contre lui.
Le poète libyen Ahmed Fathallah a affirmé à la PANA que les déclarations du ministre libyen sont "irresponsables" et ne peuvent le décharger de ses responsabilités lors de ces événements.
Il a ajouté que "le ministre n'a pas agi comme un homme d'Etat pensant qu'il évolue dans une équipe locale de football".
Mohammad Akil (étudiant à l'université de Tripoli) a dénoncé les déclarations du ministre de l'Intérieur, affirmant qu'elles contiennent "des menaces voilées à l'égard des Libyens", se demandant "si les forces de ces groupes armés sont plus puissantes que les brigades de Kadhafi que nous avons affrontées et obligées à battre en retraite'"
Le Congrès national (la plus haute autorité en Libye) émanant des élections du 7 juillet a accusé, dimanche, des membres du Haut comité de sécurité de laxisme et peut-être d'être impliqués dans la destruction par des extrémistes, ces derniers jours, de tombeaux des dignitaires du mouvement soufi dans plusieurs villes libyennes.
Les forces de sécurité libyennes ont fait l'objet de violentes critiques depuis les deux attentats par deux voitures piégées ayant fait deux morts et quatre blessés dans la matinée du premier jour de l'Aïd al-Fitr, ainsi que d'une série d'attentats et d'assassinats dans la ville de Benghazi (deuxième plus grande ville de Libye et berceau de la révolution qui a renversé l'ancien régime).
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