
Résumé : Ses lourdes responsabilités le poursuivent à Oran. Ils rentrent chez eux. Fateha reste à la maison. Elle va à la chambre de sa fille et la voit. Heureuse, elle s'approche, mais l'image s'estompe lentement. Elle entend sonner et ne va pas ouvrir tout de suite...Fateha ne les avait jamais reçues avant. Elle n'a jamais eu de relations avec son voisinage proche. Djaâfar ne lui a jamais permis de fréquenter leurs voisins, ne tenant pas à ce qu'ils soient dérangés à n'importe quel moment de la journée et de la soirée. Alors, depuis leur premier déménagement, il leur avait demandé de ne pas les fréquenter. Ils se disaient bien bonjour ou bonsoir selon l'heure de la rencontre dans les escaliers, mais aucune relation amicale ne s'est créée au fil du temps.En regardant ces femmes sympathiques et soucieuses envers elle, elle se rappelle qu'il n'avait pas permis à leur fille de fréquenter leurs filles. Aussi bien que soient ces gens, il avait toujours tout fait pour l'isoler.Elle les laisse entrer, les invite à s'asseoir au salon. Elle prend place en face d'elles. Elles lui parlent de la peine qu'elles ont pour elle, elles compatissent à sa douleur. Mais leurs mots ne lui apportent aucun réconfort. Elle les regarde lui parler, elle ne les entend plus. Elle ne les écoute plus. Tout ce qu'elle veut, c'est qu'elles partent. Elle veut rester seule, avec sa peine. Elle veut retourner dans la chambre de sa fille et sentir sa présence.- Si tu as besoin de quoi que ce soit, n'hésite pas à demander, lui dit l'une d'elles en se levant. Je crois que tu as besoin de te reposer...Fateha hoche la tête. Elle les raccompagne jusqu'à la porte puis s'y appuie.- Tout ce dont j'ai besoin, c'est ma fille... Rien ni personne ne pourra m'aider à la retrouver ! Mon Dieu, aidez-moi ! Si seulement je connaissais les raisons de son acte désespéré !De l'autre côté de la ville, l'inspecteur chargé de l'enquête avait du nouveau. Il était allé voir ses camarades de classe et il avait discuté avec une lycéenne qui avait hésité, au début, à lui confier avoir aidé la jeune fille.Djaâfar est surpris.- Elle l'avait envoyée chez un bijoutier de son quartier, lui apprend l'inspecteur. Votre fille a vendu des bijoux en or et a pu en tirer une belle somme !- Pourquoi ' Elle n'avait pas de souci d'argent, murmure le père, les sourcils froncés. Vous en êtes sûr ' Il s'agissait peut-être d'une autre 'Mais l'inspecteur est formel.- Je lui ai montré sa photo et il l'a reconnue, dit-il d'un air désolé. J'ai pu récupérer deux bijoux...Il sort une boîte d'une serviette en cuir et l'ouvre devant lui.-Est-ce qu'ils lui appartenaient 'Djaâfar saisit les médaillons, n'en revenant pas. Ses narines frémissent quand il les reconnaît. C'est bien à sa fille. C'est lui-même qui les lui avait offerts à des anniversaires.- Mon Dieu, qu'est-ce qui s'est passé 'L'inspecteur toussote.- Je ferai tout pour le découvrir, dit-il doucement. En l'espace de quelques jours, nous en avons appris beaucoup...- Mais pas l'essentiel !De nouveau, l'inspecteur tousse.- L'enquête avance... Les médaillons, je dois les...Mais Djaâfar refuse de les lui rendre.- C'est à ma fille, je les garde... Tenez-moi informé de jour comme de nuit !L'inspecteur le salue et sort. Djaâfar range les médaillons dans la boîte et la glisse dans un tiroir de son bureau. Il n'a pas l'intention de les montrer à sa femme. Il décide d'attendre d'en savoir plus pour lui apprendre ce fait nouveau qui le laisse perplexe. Si sa fille avait vendu ses bijoux, c'est parce qu'elle avait besoin d'argent. Lors de la fouille de sa chambre, la police scientifique n'avait rien trouvé. L'aurait-elle caché ' L'aurait-elle dépensé ' Mais pour acheter quoi 'Inès ne peut pas avoir dépensé la somme d'argent pour s'approvisionner en produits illicites, elle n'est pas une toxicomane. A-t-elle voulu aider une amie ' Il en doute.Pourquoi ne leur en avait-elle pas parlé 'Le père se rappelle ces moments où elle était devenue triste. Il regrette de ne pas avoir su être là pour elle. Elle avait souffert seule, sous son regard. Sous leur regard...(À suivre)A. K.NomAdresse email
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Adila KATIA
Source : www.liberte-algerie.com