
Résumé : Djaâfar s'en veut de n'avoir rien vu venir. L'inspecteur l'appelle pour l'informer qu'ils n'ont rien trouvé dans ses draps et ses vêtements. Il a pu récupérer les photos et d'autres fichiers, mais n'a pas pu accéder au compte de messagerie. Ils ne connaissent ni l'identifiant ni le mot de passe...Ces lourdes responsabilités le poursuivent jusqu'à Oran. Djaâfar est contraint à rentrer à Bouira. Il propose à Fateha de rester, lui promettant de vite revenir, mais elle refuse de rester.Après avoir visité une dernière fois la tombe de leur fille, ils quittent Oran. Ils rentrent en voiture. Le chauffeur est venu les chercher. Durant tout le trajet, elle ne desserre pas les lèvres, des larmes coulent sur ses joues que le vent vient sécher rapidement.Djaâfar s'est souvent tourné vers elle. A chaque fois, il la prie d'arrêter.- Prie pour qu'elle trouve le repos...- Je le fais dans le fond de mon c?ur, dit-elle. J'ai mal. Elle n'est plus là pour apprécier le paysage, les voyages... Elle n'aura plus à supporter les déménagements à chaque fin d'année, c'était la question qu'elle posait... Tu te rends compte, elle n'aura plus à faire le tri dans ses affaires, ni à les emballer... Elle ne partira nulle part ! Elle est partie pour de bon !- Pourquoi tu te tortures ', s'écrie Djaâfar. Tu crois que je ne le sais pas ' Que je n'en souffre pas '- J'ai mal... Parfois, je voudrais m'endormir et ne plus me réveiller ! Et si je me réveillais, je voudrais tout oublier, tout... Parce que c'est dur sans elle ! Tu comprends ' C'est dur...Djaâfar la regarde dans les yeux, puis les détourne d'elle. Il a aussi mal qu'elle. Si elle pouvait lire en lui, elle verrait combien il souffre et qu'il a atteint la limite du supportable.S'il n'avait pas foi en Dieu, il ignore ce qu'il aurait fait.En reprenant le travail, il ne s'attend pas à ce que sa peine et son chagrin s'atténuent. Préoccupé, il n'aura pas le temps de penser à la mort de sa fille, au vide qu'elle a laissé dans sa vie. Dans leur vie...Lorsqu'ils entrent dans l'appartement, ils échangent un regard, puis Fateha fond en larmes tout en tombant dans les bras de son mari. Inès n'est plus là pour les accueillir.- Mon Dieu, donnez-moi la force, s'écrie-t-elle.- A deux, on le sera... Avec l'aide de Dieu, on finira par s'en remettre !- Je ne crois pas, murmure-t-elle. Je ne m'en remettrai jamais...- Cela prendra du temps, mais ça finira par arriver !Djaâfar attend qu'elle se soit calmée pour se détacher d'elle. Il s'excuse.- Je vais prendre une douche, dit-il. Je ne peux pas me rendre au bureau comme ça...- Vas-y.Elle va au salon et s'assoit près du téléphone, comme si elle attendait un appel. Djaâfar va prendre des vêtements propres et s'enferme dans la salle de bain. Une demi-heure après, il était prêt à partir.Son chauffeur l'attendait en bas. Djaâfar retourne près de sa femme avant de partir.- Tu as besoin de quelque chose ', lui demande-t-il.Elle secoue la tête.- Non, murmure-t-elle en regardant dans le vide.- Je ne vais pas tarder, lui promet-il en se baissant pour l'embrasser sur la joue. Elle hoche la tête et le suit du regard. La porte se referme derrière lui. Elle reste un long moment dans le salon à regarder leurs portraits de famille. Elle voudrait comprendre ce qui est arrivé à leur fille au point de la pousser à en finir avec la vie. Elle se lève, et lentement elle se dirige vers sa chambre. Le c?ur battant fort dans sa poitrine, elle pose la main sur la poignée. Elle semble résister sous sa pression. Elle appuie fort, et lorsque la porte s'ouvre enfin, elle ferme les yeux, n'osant pas entrer. Elle frissonne, sentant passer un courant d'air frais. Elle ouvre les yeux et regarde vers le lit de sa fille. Elle la voit. Elle voit Inès avec ce sourire tranquille qu'elle lui connaît et cet air énigmatique dans le regard.- Ma fille chérie...Elle s'approche, trop heureuse de la retrouver, mais son image s'estompe lentement à chaque pas fait vers elle. La mère tombe sur le bord du lit et éclate en sanglots.- Reste, reste...La sonnerie de la porte d'entrée lui parvient entre l'écho de ses sanglots. Elle l'ignore pendant un moment, puis se dit que ce devait être son mari. Peut-être a-t-il oublié les clefs 'Elle essuie ses larmes, jette un regard sur son reflet dans la glace du couloir et se trouve bien malheureuse.Elle va ouvrir sans regarder par l'?il de b?uf. Elle a un mouvement de recul quand elle se retrouve en face de ses voisines.Elles sont venues prendre de ses nouvelles, de leurs nouvelles.(À suivre)A. K.NomAdresse email
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Adila KATIA
Source : www.liberte-algerie.com