93 familles livrées à la rue
A Oran et en dépit des dizaines de milliers de logements réalisés depuis 1999 et bien avant, la crise devient chaque jour plus étouffante. Ainsi, aussitôt le cas des 790 familles des Planteurs réglé, c’est un autre problème qui se pose avec la démolition de dizaines d’autres constructions dont les occupants n’ont pas été relogés.
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Décidée après mûre ré-flexion dans le but de faciliter la réhabilitation du téléphérique que des mains criminelles avaient détruit au cours de la tragédie nationale, l’opération de délocalisation, exécutée dans les conditions que l’on sait et qui ont mis aux prises habitants et forces de l’ordre, n’a pas fait que des heureux. Loin s’en faut puisque près d’une centaine de familles, dont les habitations ont été ou doivent nécessairement être démolies, sont jetées, sans ménagement pour certaines, depuis plusieurs jours à la rue. Pour des raisons dont seuls les décideurs détiennent le secret, une centaine de familles parmi celles qui n’ont pas bénéficié de logements ont été également délocalisées et déposées à Haï El-Yasmine où elles occupent des locaux sans portes du rez-de-chaussée de cette nouvelle cité, pour celles arrivées les premières et dans la rue pour de nombreuses autres. Dans une lettre adressée hier à son Excellence le président de la République, ces familles crient leur détresse et implorent le Premier magistrat du pays de leur venir en aide. Portant la signature de 52 chefs de famille, la pétition transmise au président de la République s’élève contre certains agissements, à l’exemple de la présence parmi les bénéficiaires des logements destinés aux habitants des Planteurs de personnes étrangères à ce quartier. Les pétitionnaires s’élèvent aussi contre le fait de considérer Haï Hadj Hassan, dans le quartier des Planteurs, comme bidonville. Parmi les familles protestataires, certaines assurent détenir les cartes du recensement réalisé en 2003 et qui les rendraient éligibles à un logement. Pour leur malheur, d’autres familles ont carrément explosé après que leurs enfants ont fondé leurs propres foyers, grossissant de la sorte le nombre de familles ayant besoin d’être relogées. En tout état de cause, hier mercredi, aux environs de 11 heures et alors que nous nous trouvions à Haï El-Yasmine, des camions continuaient à déverser des familles en provenance des Planteurs. Benouadah M., qui venait de débarquer et que nous avons approché, déclare «Cela fait 4 ans que j’habite à Haï Hadj Hassan. J’ai deux enfants et ne sais plus quoi faire. Je n’ai pas été recensé en 2003 et ne détiens pas de carte.» Quelques mètres plus loin, la dame Meddah O., 40 ans, se lamentait «Qui va me dédommager? En 2004, j’ai acheté un haouch pour 46 millions de centimes. Je viens d’en être chassée et ne sais quoi faire pour protéger mes 4 enfants dont 2 handicapés mentaux.» Au fait, pourquoi orienter ces familles sur Haï El-Yasmine qui vient tout juste d’être livré à ses occupants en provenance des Planteurs et jusqu’à quand durera la crise du logement? La wilaya d’Oran s’étant taillée la part du lion question logement, d’où vient donc la crise? D’autre part, un recensement ayant conclu à la présence à Oran de près de 40.000 logements non occupés, qu’attendent les pouvoirs publics pour en faire le bon usage?
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com