
Combien sont ces enfants à avoir intégré le monde du travail ' Aucune statistique, même dans les pays les plus développés, n'a pu être établie avec exactitude et ce, en partant du fait que l'on ne peut recenser quelque chose qui n'est pas censée exister. (En Algerie, et selon les chiffres annoncés par le ministère du Travail, le travail des enfants ne dépasse pas les 5% , en 2014). Toujours est-il que, dans la cité éponyme de Sidi El Houari, des dizaines d'enfants, dont l'âge oscille entre 11 et 15 ans, ont intégré, de plein pied, le turbulent monde du travail et ce, pour aider à subvenir aux besoins d'une famille, vivant au seuil de la pauvreté. Ils sont, généralement, des victimes potentielles d'un divorce et tentent, ainsi, d'apporter leur aide à une mère, sans aucune ressource et/ou des enfants qui n'ont jamais connu leur père. Avec le temps, certains d'entre eux ont excellé dans l'art de la récupération d'objets recyclables, qu'ils fourguent à des brocanteurs installés dans la banlieue d'Oran et ses localités limitrophes. Selon des sources concordantes, d'autres, ayant à peine l'âge d'aller au collège, sont recrutés dans des ateliers clandestins pour exercer différentes tâches, plus dures, les unes que les autres, en contre partie d'un salaire dérisoire, voire misérable. Leurs employeurs, qui les traitent parfois carrément en esclave, les préfèrent, ironie du sort, à leurs pères, qui leur réclameraient une mensualité beaucoup plus élevée, en plus de leurs droits à la retraite et à la Caisse sociale, conformément à la réglementation en vigueur, concernant le statut du travailleur. Ils sont encore des dizaines à proposer un éventail d'articles aux automobilistes, à hauteur des feux tricolores, notamment et des ronds- points de la périphérie de la ville. Un nombre, plus au moins, restreint de ces enfants travailleurs, profite des vacances scolaires pour s'adonner à une activité, qui leur rapporte un peu d'argent de poche et/ou pour leur permettre d'acheter des livres ou autres articles nécessaires à leurs études, ou encore pour, tout simplement participer à pourvoir aux besoins de leur famille, à travers une petite ristourne tirée de la vente. Mais, malheureusement, au vu du terrible constat établi sur le terrain, la grande majorité de ces enfants a abandonné les bancs des écoles, suite à des fâcheux concours de circonstances pour aller travailler dans les marchés, les rues et mêmes dans les champs et autres lieux de travail cachés, dans des conditions de vie souvent épouvantables. Leur priorité est de gagner un maximum d'argent. « J'achôte souvent ce que propose ces enfants, non par besoin mais avec une intention de les aider. Il est clair qu'ils travaillent pour une cause bien déterminée. Je préfère cela plutôt qu'ils basculent dans le milieu de la délinquance ou encore de la mendicité » a commenté, à ce sujet, un automobiliste demeurant à Eckmühl. Différents sons de cloche se sont fait entendre, à ce propos, par d'autres interlocuteurs, qui ont, à l'unanimité, fait remarquer que ces enfants travailleurs « sont plus à plaindre qu'à blâmer ». Un nombre important de ces enfants parcourent, chaque jour, des kilomètres pour rallier Oran leur lieu de travail où ils séjourneront jusqu'à la tombée du crépuscule. La plupart sont sous-alimentés mais ne semblent, à priori, pas s'en rendre compte car n'ayant, généralement, jamais consulté de médecin alors que d'autres souffrent d'un handicap moteur. La vie et la société n'ont vraisemblablement, pas été tendres avec ses enfants.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Rachid Boutlélis
Source : www.lequotidien-oran.com