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LETTRE DE PROVINCE 'Les tout prochains mois' ou l'accomplissement de la derni're tromperie



Par Boubakeur Hamidechi
hamidechiboubakeur@yahoo.fr
En voulant dissiper le malaise g'n'ral qui ronge le pays tout en ne se d'robant pas aux questions g'nantes de la presse, Sellal a-t-il su trouver les mots justes et la bonne formule pour d'miner l'ambiance et att'nuer les effets de la critique ' Certainement pas pour peu que l'on relise avec attention ses vagues assurances.
C'est ainsi d'ailleurs que l'on a appris qu'il suffisait de pr'ciser que le projet de r'vision constitutionnelle serait d'voil' dans 'les tout prochains mois' (sic) pour que l'opinion et la classe politique prennent acte du bon agenda du pr'sident. Or, peut-on 'tre plus approximatif dans la formulation que cette malheureuse impr'cision au moment o' l''ch'ance est compt'e presque en semaines ' A cela fallait-il ajouter ces brefs commentaires au sujet des choix des proc'dures de ratification (r'f'rendaire ou parlementaire) alors que la chape de l'ignorance plombe en amont le travail secret des clercs du constitutionalisme ' N'est-ce pas l' une curieuse mani're de faire de la communication et de pr'tendre ' la transparence alors que les fameux cabinets de r'flexion et de l''laboration op'rent ' huis clos ' En d'autres termes, le premier Sherpa du pr'sident s'est s'rement fourvoy' ' travers les demi-r'v'lations qu'il a cru n'cessaire de rendre publiques. Car celles-ci ne manqueront pas d'alerter une partie de la classe politique maintenue ' l''cart qui verrait dans la version solitaire de la d'marche de Bouteflika la confirmation de ce qu'elle a toujours redout', voire ce qu'elle a combattu. A juste titre, par ailleurs, les r'futations et les oppositions engloberont toutes les s'quences pr'c'dentes dont la nullit' est d'j' 'voqu'e par plusieurs courants. A l'exemple du PT de Louisa Hanoune qui, tout en fustigeant la fausse l'gitimit' des urnes en des termes sans nuance, s'interrogeait 'galement sur l'opportunit' d'une r'vision de la Constitution qui ne serait que 'cosm'tique' et dont l'usage est connu par avance. L'id'e qui, hier encore, suscitait peu d'adh'sions est en train de devenir consensuelle parmi la majorit' de l''lite politique. Et elle se d'cline autour de deux pr'alables que, justement, l'actuel chef de l'Etat ne peut plus remplir. D'abord, il est de r'gle qu'une Constitution ne doit s'amender que lorsque la n'cessit' de son adaptation est av'r'e, voire exig'e par l'ensemble de la repr'sentation avant qu'elle ne soit formalis'e par un coll'ge de juristes ind'pendants. Ensuite, il n'appartient jamais ' un chef de l'Etat en fin de mandat d'y imposer la moindre relecture ' la veille de devenir un candidat sortant. Certes, les voix qui souhaitent mettre en perspective la p'rilleuse promesse sont encore rares. Cependant, il est devenu notoire que le r'gime a d'finitivement brad' son reliquat de cr'dit, ' travers la mani're dont il a, une fois de plus, traficot' les scrutins interm'diaires (l'gislatives et locales), pour se pr'valoir de la moindre sinc'rit' sur l'objectif majeur de la Constitution. H'las, dans quelques mois, il sera d'j' trop tard pour dissuader un pr'sident en fin de l'gitimit', de donner au pays, qui ne l'avait pas sollicit', une nouvelle loi fondamentale taill'e selon ses d'sirs. Puis s'en aller la ratifier par un r'f'rendum orchestr' par une campagne d'approbation unilat'rale. Il sollicitera alors une adh'sion ' son 'grand 'uvre' par le biais d'un 'oui' qui, de toute 'vidence, constituera une r'p'tition g'n'rale ' sa 'ni'me r''lection. C'est cet avenir politique d'un r'gime et d'un homme qui est en train de s''crire ' l'insu des 'lites politiques et de celles de la soci't'. Sans faire l'injure aux quelques leaders qui comptent, il est quand m'me troublant de constater la mollesse de leurs r'actions. La perplexit' qu'inspire leur silence ou pire leur d'mission, n'ouvrent-ils pas de grands boulevards aux prochaines man'uvres qui, dans 'les tout prochains mois' (re-sic), feront de la fatalit' politique une vertu de la soci't' et m'me une sagesse des nations. Alors au son des trompettes de l'all'geance, les cohortes de courtisans feront alors l'ex'g'se du g'nie qui a pourtant taill' ' coups de serpe une loi lui permettant d'acc'der ' une long'vit' politique hors normes. Ainsi, apr's avoir abrog' 'l'inf'me' verrou de l'alternance en 2008, il se fera enfin un devoir d''tre magnanime vis-'-vis de la R'publique. C'est dire que toutes les autocraties se sont b'ties de la sorte. Sauf qu'elles s'impos'rent ailleurs dans le pass' mais furent balay'es quand, en Alg'rie, nous nous appr'tons ' en faire une promesse d'avenir.
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