
Quelle est la situation dans le pays, alors que les jours qui nous séparent de la date du 10 mai se comptent desormais sur le bout des doigts ' Qui doit changer de comportement : le peuple qui a toujours fait ce qu'on lui a demandé de faire ou bien les dirigeants qui ont augmenté leur pouvoir par le mensonge et les promesses non tenues ' En cette occasion dont nous dit-on qu'elle est différente des précédentes et historique à plus d'un titre, l'armée qui détient la totalité du pouvoir depuis le premier novembre à ce jour au prix de la ruse et de crimes abominables, va-t-elle se retirer de la scène et céder sa place sans violences à des partis qui ressemblent a s'y méprendre aux oiseaux de mauvaise augure qui du haut du ciel n'attendent que la becquée ' Que va-t-il changer dans notre pays après le 10 mai, alors que la désunion a laminé les rangs de l'opposition, offrant du coup au peuple une image terne, ridicule et stupide des élites algériennes ' Des partis incapables de se rassembler et de définir une plate forme ainsi que les orientations à mettre en 'uvre pour restaurer l'ordre citoyen et politique si nécessaire à la démocratie, peuvent-ils inspirer confiance au peuple et concrétiser ses attentes légitimes ' Comment réaliser le changement tant souhaité par les uns et les autres, alors que nos écoles militaires restent les otages d'un commandement qui ne fait qu'à sa tête ' Comment peut 'on réaliser le changement à travers le scrutin du 10 mai, alors que les ¾ des partis politiques sont concoctés dans les laboratoires de la police politique, et le reste, lorsqu'il ne se complait pas dans un zaimisme romantique et condescendant, lorsqu'il ne fait pas la manche auprès des monarchies arabes et de la Turquie pour récolter les subsides nécessaires à sa survie, adoucit sa haine envers l'Occident en frappant sans arrêt aux portes de l'OTAN, exhortant les maitres de la haute finance et de la grosse industrie militaire a punir de la même manière que Saddam et Kadhafi le régime militaire d'Alger ' Comment peut-on croire au retrait de l'armée, à la sincérité du régime dans la préparation d'élections libres et transparentes lorsque les services du DRS et de la DCRI, au lieu de se mettre au service de la classe politique, entretiennent par bandits interposés labellisés AQMI des foyers de tensions au Sahel et au Sahara Occidental, fomentent un coup d'état au Mali, inventent des menaces imminentes contre le pays, nourrissent la peur et la suspicion en dressant les uns contre les autres et organisent des pénuries successives non pas pour détourner l'opinion publique des questions qui engagent le destin de la nation, mais juste pour se remplir les poches et fortifier leurs cartels ' Comment donc un régime qui s'est construit sur plus d'un demi siècle de mensonges et de crimes , qui s'est nourri à la sève de la corruption et de la terreur ; comment donc un régime qui vous dit que toute action visant a démasquer le mensonge et a combattre l'ignorance et la résignation est une trahison contre Dieu, la providence et le destin, un régime qui vous dit que l'aptitude, l'art, le talent, le savoir et la science l'indisposent, un régime qui vous dit qu'il n'a pas besoin de votre paix et de votre « rahma » même si celles-ci émanent d'un sentiment populaire légitime et profond, peut-il se contenter d'élections libres et transparentes '
Que peut-on déduire à la lumière des listes préparées dans un secret entouré de haine, d'exclusions et de revanche et que les partis proposent avec zèle et audace à la sanction du peuple ' Que doit-in comprendre lorsque des partis reconduisent sur leurs listes respectives des candidats qui ignorent tout de la doctrine du parti auquel ils appartiennent, lorsque des partis reconduisent des dirigeants à la fois obscurs et ignorants et dont la gestion s'est soldée par la faillite du parti auquel ils appartiennent ' Doit-on comprendre que nos partis politiques ne sont pas aussi différents du régime qu'ils prétendent combattre, et contrairement à ce qu'ils affirment, ils trouvent plus de confort en lui que de déconvenues et qu'en fin de compte toute leur agitation est dictée par le désir d'être l'interlocuteur privilégié de la junte au pouvoir '
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Said Radjef
Source : www.lequotidienalgerie.org