Le ministère de l'Education «menace» les directeurs d'établissements scolaires de lourdes sanctions. Pourquoi, donc ' Il paraît que la majorité d'entre eux sont déjà en vacances. Depuis le début du mois en cours, certains collèges, écoles, et lycées fonctionnent au service minimum. D'autres ne sont encore ouverts que pour attendre la dernière «formalité, c'est-à-dire' les examens de fin d'année ! Alors qu'une dernière catégorie, bien plus entreprenante, a carrément tiré le portail, après avoir avancé la date des devoirs et compositions ! Déjà que l'école, quand ses responsables respectaient au moins ses emplois du temps réglementés, est très loin d'être brillante, voilà que se greffent à ses malheurs d'autres malheurs, bien évitables, sans qu'on ait à fournir d'efforts particuliers.
Mais face à une situation compromise, et celle de l'école algérienne l'est très largement, il y a deux attitudes possibles. La première est celle qui consiste à atténuer la douleur ou pour faire plus simple sauver les meubles. La deuxième à tout lâcher, quand on est convaincu qu'il n'y plus rien à sauver. Pendant longtemps, on a adopté la première. Sans doute parce qu'il restait encore quelques hommes et quelques espaces pour entretenir l'illusion mais aussi et surtout parce que ça cadrait mieux avec le «reste».
Des secteurs entiers de l'activité nationale sont à l'agonie mais on a convenu de «gérer ça» en' faisant semblant, l'apparat étant consacré comme seconde nature.
Nous voilà manifestement dans la deuxième attitude. On ne sait pas vraiment si elle est mieux ou pire, tellement certains questionnements deviennent dérisoires face à l'ampleur du désastre. Voilà donc un ministère qui' menace de représailles les directeurs d'établissements scolaires alors qu'on pensait qu'il avait au moins assuré un minimum syndical d'activité courante. Ce n'est manifestement pas le cas, sinon les directeurs d'école, de collège et de lycée n'auraient pas poussé la désinvolture jusqu'à prendre les vacances deux mois avant la date légale.
A l'anachronisme des programmes, la formation au rabais des enseignants, le rachitisme des moyens pédagogiques, les prêches à la place des cours, l'obscurantisme au lieu de l'ouverture, l'embrigadement faute de savoir, s'ajoutent maintenant l'abandon formel. A Constantine, les lycéens et collégiens sont en vacances «précoces» depuis le 16 mai alors que les examens étaient normalement programmés pour le 19. Dans la wilaya de Tizi Ouzou, on a été plus rapides, puisque certains établissements scolaires sont désertés depuis le 2 du mois.
A Oran, c'est la sécurité des enfants poussés à la rue faute de vacances au moment programmé qui inquiète les parents d'élèves. Pendant ce temps, le ministère qui, comme toujours, réagit faute d'avoir agi, promet des sanctions exemplaires aux chefs d'établissements indisciplinés comme si ça pouvait servir à quelque chose. Les syndicats, qui décidément n'évoquent «l'intérêt des élèves» que quand on leur met un micro à la bouche», improvisent comme ils peuvent des explications qui n'en mènent pas large.
M. Meriane, du Snapest, impute la responsabilité aux chefs d'établissements «indisciplinés» alors que M. Nouar, du Cnapest, considère les vacances avant l'heure comme une «période de répit» ! L'un comme l'autre nous apprennent que le «phénomène» ne date pas d'aujourd'hui. Quant à nous, nous savons que c'est la première fois qu'ils en parlent' aux journalistes qui le leur demandaient. Après tout, deux semaines de plus ou de moins au point où en est l'école'
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Le Temps d'Algérie
Source : www.letempsdz.com