
«Un tel phénomène relevé peut aisément constituer la source d'une pollution ambiante des terres agricoles de toute la région connue pour sa vocation maraîchère», alerte-t-on.C'est une véritable catastrophe écologique qui menace des espaces entiers de terres agricoles de la commune de Mers El Hadjadj, localité à vocation agricole située à l'extrême-est de la wilaya d'Oran en venant de Mostaganem. L'alerte est tirée. Pour cause, l'industrialisation à la hâte opérée dans ladite commune sans pour autant juger utile de prendre en compte la protection de l'environnement. C'est du moins ce que peut-on extrapoler de l'accablant rapport établi par les responsables de la commune de Mers El Hadjadj et expédié par l'instance habilité à prendre en charge une telle responsabilité, la commission de la santé, hygiène et la protection de l'environnement de la wilaya d'Oran.Le rapport est à la fois alerte et explicite mettant à l'index la société algéro-turque spécialisée dans la fabrication de toutes les formes de fer et d'acier. Selon le rapport, il s'agit de la société Tosyali qui n'a pas pris en compte ni n'a observé les conditions nécessaires à la protection de l'environnement en entreposant ses différents rejets dans des terres agricoles. Les responsables de la commune à la fois côtière et agricole de Mers El Hadjadj indiquent qu'«un tel phénomène relevé peut aisément constituer la source d'une pollution ambiante des terres agricoles de toute la région connue pour sa vocation maraîchère, d'où la source la contamination de la nappe phréatique».En se rendant sur les lieux en fin de semaine passée, le président de la commission de la santé, hygiène et la protection de l'environnement de la wilaya d'Oran a, en constatant de visu le niveau de la dangerosité des faits, été lui aussi explicite en mettant l'accent sur «la nécessité du balisage des lieux devant servir d'entrepôts des rejets de l'unité spécialisée dans l'aciérie, Toscyali». Ce n'est pas tout. La réunion, ayant regroupé le commis de l'Etat représentant la wilaya d'Oran avec les responsables de la municipalité de Mers El Hadjadj et tous le reste des partenaires industriels exerçant dans l'aciérie, a été sanctionnée par plusieurs recommandations à commencer par la mise en place des solutions radicales comme le gel temporaire des activités de la décharge de l'entreprise, jusqu'au règlement administratif d'une telle situation.D'autres non moins radicaux dans leurs interventions ont été par contre plus ou moins «agressifs» dans leurs interventions argumentées tout en faisant la part des choses, notamment en ce qui concerne l'impact de l'aciérie sur l'emploi et la plus value qu'elle apporte dans le cadre du développement de l'industrialisation, décidée par les hauts responsables du pays et la renaissance d'une telle activité qui porte essentiellement sur la diminution des importations de rond à béton et autres aciers à coups de milliards de devises. Chez les partisans d'une telle idée, la situation n'est toutefois pas gravissime. La décantation est donc de mise, sans toutefois hausser le ton, tout en songeant d'ores et déjà à dénicher des mesures plus ou moins radicales à prendre comme la nécessité de commencer par le jalonnement d'un périmètre devant servir de lieu d'entreposage des déchets que l'on estime hautement dangereux.Cette recommandation sera suivie par le bétonnage du lieu, à mettre en place comme une première priorité à prendre en urgence vu son importance et celle de la protection de l'environnement. D'autres présents sont allés jusqu'à suggérer la nécessité de la délocalisation en urgence de la déchetterie de l'entreprise pour l'implanter dans un autre lieu ne pouvant pas mettre en péril les terrains agricoles de la région, en particulier ses richesses maraîchers. Les débats ont, certes, été riches en matière de «diatribes» qui sont souvent du ressort des «langues» qui se «délient» à la moindre problématique soulevée. D'autant plus que les recommandations apportées à la pelle, où d'aucuns n'ont jugé utile d'évoquer l'étude de son impact sur l'environnement de l'aciérie. C'est d'ailleurs l'objet des interrogations de L'Expression auxquelles des réponses à la hauteur de l'événement n'ont pas été apportées. Des élus locaux et autres responsables se sont contentés d'avancer la ritournelle réponse faisant état que «nous allons prendre en compte la problématique et la cerner dans tous ses angles».
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Wahib AïT OUAKLI
Source : www.lexpressiondz.com