À l'arrêt depuis le 19 mars dernier en raison de la crise sanitaire, le monde du sport vit une situation inédite en Algérie. Les athlètes, obligés de maintenir leur forme optimale en perspective des échéances futures, ont du mal à retrouver une ambiance de travail propice à une bonne préparation en ces temps de confinement. Les entraîneurs aussi trouvent toutes les peines du monde à suivre les programmes d'entraînements individuels transmis à leurs athlètes. Et, pour couronner le tout, le coronavirus a fini par grever les budgets des clubs. Témoignages...
Houari Baouche (joueur)
"Le collectif, l'ambiance du vestiaire, l'adrénaline des matchs..., tout me manque !"
Pour Houari Baouche, l'un des éléments les plus en vue du Chabab Ahly Bordj Bou-Arréridj cette saison, notamment sur le flanc gauche où il est si souvent intenable, "le prolongement du confinement est un mal avec lequel il faudra composer en dépit des contraintes et des privations". "Franchement, je commence à en avoir vraiment marre. Je sais qu'en tant que footballeur professionnel, je ne suis pas trop à plaindre. Je sais pertinemment que cela relève de l'indécence de parler football et compétition en ces moments difficiles où des gens meurent quotidiennement sans que leurs proches puissent faire leur deuil convenablement.
Je ne sais que trop bien que nous, footballeurs évoluant dans l'élite professionnelle, sommes des privilégiés. Je tenais à préciser cela pour que mes propos ne soient pas sortis de leur contexte. Quand je dis j'en ai marre, c'est que je commence sérieusement à en avoir assez de m'entraîner tout seul, sans avoir au préalable un point d'ancrage, comme une date de compétition à laquelle s'accrocher et qui peut faire office de motivation supplémentaire. C'est un effort supplémentaire que je dois faire chaque jour pour effectuer une séance pleine, avec le sérieux et la détermination qui vont avec", détaillera le latéral gauche du CABBA.
Et d'enchaîner : "Je m'entraîne seul. Pas très loin de chez moi (à Oran). Il y a un stade de sixte, en tartan, dont je détiens le double des clés. Puisque toutes les infrastructures sportives sont fermées, je m'entraîne en solo dans ce petit terrain. Il y a également la forêt de Canastel où j'effectue, de temps à autre, des footings et un travail d'oxygénation qui va avec. Et, ma foi, question qualité des séances, je n'ai vraiment pas à me plaindre.
Au CABBA, nous avons un groupe Whatsapp qui permet au staff technique, notamment au préparateur physique, de nous proposer quotidiennement une nouvelle séance, vidéo à l'appui. Nous effectuons, de fait, un travail de pro. Même en matière de récupération, il nous oriente quotidiennement. C'est très varié et c'est plaisant.
Seulement, cela ne me suffit pas. Le collectif, les membres du groupe, l'ambiance des vestiaires, celle du stade, de l'entraînement, l'adrénaline des rencontres..., tout me manque !" À la question de savoir quelles seront les conséquences de l'arrêt de la compétition, notre interlocuteur répondra avec lucidité : "Il faudra être prêt.
Au train où vont les choses, il paraît très clair que tout sera condensé en un mois ou un mois et demi. Les rencontres s'enchaîneront certainement avec un match tous les trois jours. Il faudra répondre présent. Physiquement, ce sera très dur. C'est pour cela que, quelque part, ce que l'on fait quotidiennement devrait nous servir, quand bien même cela deviendrait lassant, insipide et usant mentalement."
Rachid BELARBI
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Rachid BELARBI
Source : www.liberte-algerie.com