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Les spécialistes dénoncent le recours abusif à l'amputation



Les spécialistes dénoncent le recours abusif à l'amputation
3 millions de diabétiques, soit 12% de la population, enregistrés en Algérie en attendant les nouvelles données de l'enquête nationale qui sera lancée par le ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière sur les facteurs de risque des maladies non transmissibles.Le pied diabétique constitue l'une des complications du diabète la plus handicapante et la plus coûteuse. Il est reconnu aujourd'hui que le pied diabétique est la première cause d'hospitalisation chez le diabétique, et 20% des diabétiques présenteront un ulcère du pied au cours de leur vie. Les spécialistes ne cessent d'appeler à investir dans la prévention et l'éducation thérapeutiques pour réduire le nombre des amputations, améliorer la qualité de vie des malades et réduire considérablement les coûts de soins.«Il existe des solutions économiques et de faible technicité pour éviter l'amputation du pied et de la jambe chez les diabétiques. Des gestes simples pourraient être encouragés, comme de surveiller régulièrement l'état des pieds, vérifier l'intérieur des chaussures avant de les mettre, éviter de marcher pieds nus, porter des chaussures confortables, veiller à l'hygiène des pieds et maintenir la peau et les ongles en bon état», recommande l'Organisation mondiale de la santé (OMS).90% des amputations peuvent être évitées si la chirurgie vasculaire était bien développée en Algérie, signale le professeur Brouri, du service de médecine interne de l'hôpital de Birtraria. «Hormis la prévention primaire qui consiste, entre autres, à faire un diagnostic précoce d'une neuropathie diabétique et assurer une prise en charge adéquate (équilibrer le diabète et s'assurer de la correction de tous les facteurs de risque dont l'HTA, l'obésité), la chirurgie vasculaire est le seul moyen avec lequel on peut empêcher ces amputations abusives. Ce qui peut être fait par l'angioplastie périphérique.Cela impose une prise en charge multidisciplinaire afin éviter d'en arriver à cette complication», précise le Pr Brouri, à l'occasion de la Journée internationale du diabète, qui coïncide avec le 14 novembre de chaque année. Il a signalé qu'il y a 600 000 artériopathies diabétiques dont 5% sont au stade d'amputation. Le Pr Brouri met en garde contre cette complication qui risque d'augmenter le nombre de handicapés en Algérie si rien n'est fait. «Les malades qui relèvent de la chirurgie peuvent être sauvés de l'amputation, voire du handicap. Il faudrait alors convaincre les chirurgiens vasculaires car on ne peut pas continuer à amputer.Il faut former plus de chirurgiens vasculaires», a-t-il ajouté avant de préciser que seulement deux services, un à Oran et celui d'Alger au CNMS, assurent cette spécialité. «Une amputation du pied controlatéral survient dans 50% des cas et le coût économique est impressionnant. Aux Etats-Unis, la prise en charge d'un pied revient à 2000 dollars pour une petite lésion et 28 000 dollars s'il y a amputation», souligne le docteur Abdelaziz Daoud, diabétologue à la clinique de Aïn Naâdja. Il rappelle que le pied diabétique n'est pas une fatalité. «Il faut retenir que dans plus de 80% des cas, l'amputation est évitée.Je dis aussi aux diabétiques que vous n'avez pas choisi d'avoir le diabète, mais vous avez le choix d'éviter ses complications», a-t-il souligné. La prévention de cette complication est aujourd'hui possible et les moyens existent. Pour éviter justement d'en arriver là, le Dr Daoud insiste sur le bon contrôle glycémique, une insulinothérapie optimalisée, des soins locaux avec la détersion de la plaie (débridement et nécrectomie) et le nettoyage quotidien au sérum physiologique.Il recommande en outre l'usage de certains antiseptiques tels que l'eau de Dakin, la bétadine, l'eau oxygénée et le mercurochrome. «La mise en décharge (au repos) du pied est aussi essentielle, elle peut se faire de différentes façons : limitation de la marche et de la station debout ; parfois repos au lit ; chaussures avec appui talonnier pour les lésions de l'avant-pied, semelles podologiques, béquilles et chaises roulantes. Les antibiotiques ne sont nécessaires que s'il y a infection», a-t-il recommandé.
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