Oran - Revue de Presse

Les scientifiques de la Fondation Nicolas Hulot l’affirment



«Les Habibas sont les plus belles îles de la Méditerranée» L’association écologique «Les Amis de la mer» a organisé vendredi une sortie en mer au profit des journalistes de la presse écrite et audiovisuelle afin qu’ils constatent de visu les nombreuses pollutions dont est victime le littoral oranais. Les journalistes ont également eu l’op-portunité de visiter la réserve naturelle des îles Habibas où les scientifiques français de la fondation Nicolas Hulot pour la nature et l’homme étaient à pied d’œuvre, depuis le matin du mardi 22 avril, pour ne quitter îles que vendredi après-midi. Avec plus de 3 milliards de centimes alloués pour la sauvegarde de la réserve des Habibas et un vague chantier de restructuration, le nouveau comité de pilotage de wilaya a du pain sur la planche. Surtout que l’état des lieux des îles est toujours à déplorer. Les premières actions opérées par le Commissariat national du littoral (CNL) est loin des espérances des écolos oranais, relève-t-on des déclarations de ces derniers. Focus!A la sortie du port d’Oran, les relents pestilentiels générés par les déversements des effluents urbains de la ville d’Oran sur le site dit «Cueva del agua» collaient affreusement aux narines. L’eau habituellement bleu azur de la Méditerranée est paradoxalement grise sur des milliers de mètres carrés et à plusieurs centaines de mètres au large. Des tas d’immondices chimiquement inertes accompagnaient ce désordre olfactif. Du plastique, beaucoup de plastique de toutes les couleurs et de toutes les dimensions, est drainé par les courants marins. En interminables files indiennes, les sacs, bouteilles, caissons et autres objets anodins en plastique flottants, dessinent des zigzags narguant les efforts colossaux prodigués par les écolos oranais qui veulent à tout prix sauver la belle nature de la baie d’El Bahia. Les associatifs des «Amis de la mer», embrigadés par leur fougueux président, avocat de son état, plaident pour que des mesures écologiques d’urgence soient prises pour freiner ces pollutions et se déclarent déterminés à continuer le combat et à n’importe quel prix. Nonobstant l’indifférence et le cynisme de la plupart des protagonistes agissant dans le domaine, les écolos de la mer se déclarent déterminés à combattre tous les fléaux et surtout ne jamais être découragés, notamment avec la naissance du front commun de lutte qui englobe les majeures associations écologiques oranaises. En longeant l’ancien fort espagnol de Mers El-Kébir, un groupe de dauphins gris, typiques de la Méditerranée, sautillaient en couple. Ce magnifique spectacle d’une beauté sauvage extrême a écarté tous les sentiments lugubres, générés par le spectacle des pollutions. Les visages se sont alors décrispés et tout le monde s’échangeait désormais des regards et des sourires de douceur et de bienveillance. Dès lors, l’écrin de la Méditerranée s’est ouvert comme par enchantement, exhibant ses beautés originales. Au loin, le Cap Falcon… Au loin, le Cap Falcon apparaît comme un promontoire qui fait barrage et ferme la mer. Le phare mythique du Cap est dans un état lamentable et nécessite des travaux de restauration en urgence, a-t-on appris. La Petite île et l’Ile aux rats, situées à l’extrémité du Cap Falcon, sont d’une beauté magnifique. Avec la pointe du cap et les îles Habibas, elles hébergent une espèce floristique endémique, propre à la région d’Oran. Les scientifiques pensent l’appeler «spergulaire d’Oran». Derrière, Pain de sucre et la Madrague, les deux belles criques de Aïn El Türck, présentent avec amertume les séquelles de la «bétonisation» dont est victime le littoral de la Corniche. A l’horizon, apparaît la belle île Plane, «Paloma», la colombe en français. Des nuées de goélands, de puffins, de pigeons et de bisets de roche, survolaient l’île avec vacarme. A l’entrée de l’île plane, un semi rigide de la Protection civile est amarré. Au sommet de l’île, à côté du petit phare, Fabrice, le chef de l’expédition de la fondation Nicolas Hulot pour les petites îles de la Méditerranée, accompagné de scientifiques espagnols effarouchaient, sans le vouloir, bien sûr, les capricieux oiseaux marins de l’île qui tournoyaient incessamment sur leur tête. L’ornithologue espagnol a affirmé que plusieurs espèces qui nichent aux Baléares viennent se nourrir sur le périmètre de cette île. L’endroit est poissonneux. Naguère, il constituait le rendez-vous certain des dauphins et marsouins mais avec la pêche intempestive à la dynamite, ces mammifères marins dont le système auditif est très fragile ont, semble-t-il, déserté les lieux. Cap Lindlès se pointe majestueusement et indique au loin les îles Habibas. Cap Nègre et Cap Blanc cerne la zone du danger des îles Fourmis. Ces petits îlots rocheux constituent un danger pour la navigation. Gare aux amateurs! Sur les îles Habibas A l’entrée de la réserve naturelle des îles Habibas, le beau voilier de Nicolas Hulot, fleur de Lampaul, ajoutait à l’extraordinaire nudité de l’île un brin d’ornement. Malgré l’absence des pêcheurs, une activité anormale fourmillait à l’entrée du Port. Des éléments de la Protection civile, des gardes-côtes et des représentants des diverses administrations agissant dans le domaine de l’environnement ont élu domicile, le temps de l’expédition, dans les refuges des pêcheurs récemment construits. L’ironie du sort a fait que même à 40 kilomètres au large d’Oran, en pleine mer, c’est-à-dire, sur les îles Habibas même, des constructions illicites et des bidonvilles s’incrustent comme des sangsues. D’après le Gestionnaire français de la réserve naturelle de l’île du Frioul, située au large de Marseille, ces constructions devraient être démolies. Surtout que des tôles en amiante ont été utilisées pour le faîtage de ces masures. Les canidés qui y vagabondaient, en toute quiétude, ont disparu, excepté la capricieuse «Mirza» qui a échappé à toutes les tentatives voulant l’évacuer. «Les autres chiens ont été amenés sur le continent sauf, cette diablesse qui nous a fourgué la «h’chouma», la honte, devant les hôtes d’Oran. On n’a pas pu l’attraper. Elle est ancienne sur l’île, elle en connaît tous les recoins», a déclaré le nouveau éco-gardien de l’île. Les canidés sont considérés comme une grave invasion biologique, ont réitéré les scientifiques étrangers. Sur les sentiers menant au Phare, les scientifiques de la fondation Nicolas Hulot retournaient d’une excursion opérée sur le flanc ouest de l’île, accompagnés de leurs similaires algériens. Une conférence de presse a été improvisée à mi-chemin du port où le leitmotiv des écolos de la fondation était comme toujours: «Les Habibas sont les plus belles îles de la Méditerranée. Il faut indubitablement les préserver». Même le gestionnaire de la réserve naturelle de l’île marseillaise du Frioul a déclaré que malgré le chauvinisme et l’amour qu’il tient pour son île, les Habibas restent les plus belles et uniques dans toute la Méditerranée. Contrairement à ses recommandations, le Conseil national du littoral (CNL) a recruté 6 «éco-gardiens» qui «ne sont que les pollueurs inciviques de ces îles», ont répliqué les écolos qui connaissent bien les lieux. Cette décision a, en effet, suscité le courroux des écolos oranais. D’après leurs déclarations, «Ils ont élu domicile sur l’île depuis des années et restent la cause principale de la pollution du port et du braconnage des nids d’oiseaux marins et de la chasse des petits serranidés. Ce sont eux encore qui ont amené les canidés et construit les baraques. Comment peut-t-on recruter des pollueurs comme éco-gardiens?» déclarent-ils. «Désormais, ils seront payés grassement et gracieusement pour les dégâts qu’ils occasionnent à la réserve», ajoutera avec ironie un interlocuteur. Le même son de cloche émane de certains responsables du CNL qui connaissent les lieux et qui dénoncent également l’âge de la retraite de ces gardiens ainsi que leur niveau d’études. Il faut savoir que les «éco-gardiens» devraient faire également office de guides pour les visiteurs et nécessiteraient une connaissance profonde de la flore et la faune, ainsi que les préceptes environnementaux… etc. Interrogé à ce sujet, B… a déclaré que les îles sont polluées depuis toujours et que ce n’est pas à lui ni à sa bande de surveiller tous les rôdeurs. «Surveiller les îles relève de l’absurde. C’est une entreprise vouée à l’échec», déclare-t-il avec défaitisme, devant le parterre de journalistes et de responsables. Au niveau de la baie de la Morte, les pêcheurs, délogés du Port, le lundi passé, y ont pris refuge. Ces pêcheurs placent leurs filets aux alentours proches des îles Habibas, ce qui est absolument interdit par la loi. Certains se cachent dans la baie de la Morte, alors que d’autres ont regagné le continent pour y retourner après le départ des scientifiques. Depuis le belvédère du phare, on a aperçu plusieurs barques qui rôdaient autour de l’île. En fait, ils étaient au courant de l’heure du départ des scientifiques de l’expédition, fixée à 15 heures de cette belle journée de vendredi. Beaucoup de Goélands ont été trouvés morts. La population des oiseaux marins a également diminué, selon les scientifiques. Les goélands d’Audouin des Habibas qui constituaient plus de 40% de la population mondiale, ne viennent plus nidifier. Selon l’ornithologue de l’expédition, à part 2 ou 3 aperçus en plein vol, aucun nid de goéland d’Audouin n’a été répertorié, cette saison. Les puffins cendrés, l’autre espèce rare de l’île, qui constitue le cinquième de la population mondiale est stable. Environ un millier de nids ont été répertoriés cette année. Aussi, 20 couples de balbuzard pêcheurs, un rare oiseau de proie marin, ont été aperçus, soit 20% de la population mondiale. Les faucons pèlerins et ceux d’Eléonore, dits faucons blancs des Habibas, ont également été repérés. Le beau voilier, Fleur de Lampaul, bercé par le zéphyr, a étalé ses belles ailes blanches pour voler en rase-mottes, jusqu’au port. Ceci dit, le nouveau comité de pilotage devrait intervenir pour rectifier les erreurs énumérées par les écolos, relève-t-on. Le président de l’Association «les Amis de la mer» qui est membre permanent de ce comité de pilotage, a déclaré qu’il veillera au grain 24h/24 pour préserver la réserve naturelle des Habibas. Dont acte. Benchour M.
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