Les travailleurs des Moulins d’Oran et de Tlemcen montent au créneau
Alors qu’il donnait l’impression de marquer une pause, que d’aucuns ont vite attribuée à son essoufflement, le front social fait encore parler de lui et les prochains jours risquent d’être particulièrement chauds. A Oran et même si la tension est peu perceptible, la grogne parmi les travailleurs n’a jamais cessé. C’est actuellement le cas au sein des travailleurs des Moulins d’Oran et leurs camarades de Tlemcen qui n’ont pas été payés depuis bientôt cinq mois. Pour rappel, il y a quelque temps de cela, la question des salaires ayant été posée au directeur général de l’ERIAD de Sidi Bel-Abbès, ce dernier s’était engagé à régler sous peu le problème. Un mois s’étant depuis écoulé depuis et l’affaire n’ayant pas progressé d’un iota, les 191 salariés de la filiale des Moulins d’Oran et leurs 60 camarades de Tlemcen ne savent plus à quelle porte frapper pour activer la régularisation de leur situation. En effet, hier encore, au siège de la direction de l’avenue Benboulaïd à Oran, les travailleurs que nous avons rencontrés en étaient encore à se demander comment faire pour subvenir aux besoins les plus pressants de leurs familles. Ayant appris que des remboursements de frais médicaux allaient leur être versés, certains ont poussé un grand ouf avant de se reprendre et manifester leur colère devant la modicité de ces sommes qui ne dépassent guère les 100 DA. Le problème de leurs mandants tendant à s’éterniser, les secrétaires généraux des sections syndicales et présidents des comités de participation d’Oran et de Tlemcen ont organisé une autre rencontre au cours de laquelle ils ont passé en revue la situation. Au terme de leurs travaux, ils ont dressé un procès-verbal dans lequel ils dénoncent ce qu’ils estiment êtres une «liste noire des méfaits». Ainsi, écrivent-ils «Aussi nous relevons avec regret qu’au moment où les filiales du groupe n’arrivent pas à s’acquitter des salaires, les cadres dirigeants et les personnels du siège au nombre de 46 inactifs accumulent promotion sur promotion, avantages sur avantages et dernièrement des privilèges immoraux et illégaux, des affectations telle que la variable (une prime ndlr) estimée à 160.000 DA pour chaque cadre...» entre autres griefs que nous nous gardons de reproduire totalement. Selon le SG de la section syndicale UGTA de la filiale d’Oran, «le blocage se situerait à Alger, plus précisément au niveau du président du Conseil d’administration qui n’a pas cru devoir habiliter les responsables locaux pour faire le nécessaire et débloquer la situation. Aussi, tant qu’une autorisation écrite n’aura pas été donnée aux responsables au niveau local pour faire le nécessaire, la situation demeurera en l’état et risque de nous pénaliser davantage.» Selon les salariés que nous avons approchés, «Si jamais nous ne recevons pas nos salaires, nous nous déplacerons à Alger et y camperons le temps qu’il faudra. Ce jour-là, ceux qui nous considèrent comme quantité négligeable, regretteront leur arrogance et rendront compte de leurs méfaits. Auront-ils la sagesse d’assumer leur responsabilité?» s’interroge le porte-parole des salariés. Nos tentatives d’obtenir la version des faits du directeur général ont échoué après que le DG de Sidi Bel-Abbes avec lequel nous étions entrés en contact nous a déclaré qu’il tenait une réunion et ne pouvait nous accorder plus de temps. Ces cris de détresse seront-ils entendus?
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com