
La DGSN a rendu public, en janvier dernier, un bilan des quantités de drogue saisies en 2014 dans la zone frontalière du Maroc.Trente-deux tonnes en 2013 contre 52 tonnes en 2014, soit une hausse de 62% en une année. De nouvelles drogues pénètrent le marché. Pour introduire leur marchandise, les trafiquants diversifient les chemins et les techniques. Dans ce quartier d'Oran, il suffit de faire son choix entre le cannabis, l'ecstasy, la marijuana, la cocaïne ou encore l'héroïne.Assis devant un magasin, un vendeur fume tranquillement sa cigarette : «J'ai tout : El Beidha (cocaïne) d'une très bonne qualité. De l'ecstasy aussi, quelle qualité préférez-vous ' La bleue, la rouge, la BRI, Batman, la On ou la Off '» Cette dernière proposition coûte 800 DA.Une gélule «qui peut assurer le bonheur» entre 5 et 8 heures, à prendre «dans un endroit chaud». Le vendeur ne semble pas inquiet des contrôles. Il sourit : «Même des agents de police sont nos clients, parfois, les meilleurs.» Ces drogues parcourent de très longs trajets avant d'arriver à leur destination finale, elles sont importées, vendues et distribuées par des réseaux de trafiquants très puissants. Environ 45 ans, des bijoux autour du cou et aux poignets, un homme accepte de raconter le parcours de ses marchandises, «parce que, à cause de la médiatisation des saisies des services de sécurité, les gens pourraient croire que l'activité agonise».ArrimageIl est certain de la force de son business : «Notre organisation est implantée dans plusieurs dizaines de pays dans le monde, le pouvoir de la drogue et de l'argent dépasse aujourd'hui les pouvoirs politiques. Il y a des pays où l'on achète tout le gouvernement pour que notre marchandise passe et arrive à destination.»Pour la cocaïne, l'héroïne ou la marijuana, venues d'Amérique latine, le trajet commence par la mer. «Depuis le Venezuela, le Mexique ou la Colombie, nos équipes chargent la marchandise dans de petits bateaux aménagés. Nous payons les gardes-côtes du pays de départ et ceux de la République dominicaine, là où le bateau arrive tranquillement.» La deuxième étape s'effectue par les airs. «Une autre équipe transfère la marchandise dans un petit aérodrome pour jets privés.L'appareil décolle vers un aérodrome en Espagne où la marchandise est distribuée.» Les petites quantités de cocaïne ou d'héroïne sont acheminées par bateau ou parfois même par avion, directement jusqu'en Algérie.Lorsque les quantités sont plus importantes, un réseau marocain s'occupe du transport : «La marchandise entre au Maroc par bateau ensuite elle poursuit son chemin par piste vers l'Algérie. Nous faisons aussi entrer les paquets depuis le Maroc par la mer : la drogue est bien emballée de façon étanche et attachée au bateau par une corde de plus de 50 mètres.En cas de problème, on coupe le câble et le sac de la drogue finit sur le rivage où d'autres personnes le récupèrent.» L'ecstasy, «nouvelle tendance», fabriquée en Espagne, en Belgique ou aux Pays-Bas, arrive également dans le pays par voie maritime.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Bouzid Ichalalene
Source : www.elwatan.com