Un début de dialogue a été engagé entre la Fédération nationale des récupérateurs et exportateurs de métaux ferreux et non ferreux, d'une part, et le ministère de l'Industrie, des PME et de la promotion des investissements, d'autre part. Résultat immédiat : la fédération de cette branche d'activité a décidé de sursoir à son rassemblement prévu dimanche devant le ministère. En contrepartie, une délégation sera reçue mardi au ministère, pour discuter de la levée de suspension de la décision d'interdire les exportations des déchets ferreux et non ferreux, à défaut de ne pouvoir offrir des débouchés sur le marché local.
Les représentants de la Fédération nationale des récupérateurs et exportateurs de métaux ferreux et non ferreux seront reçus mardi 17 juillet au ministère de l'Industrie, des PME et de la promotion des investissements, avons-nous appris ce dimanche d'un membre de cette organisation.
Au départ, la fédération, nouvellement créée, et affiliée à l'Union générale des commerçants et artisans algériens (UGCAA), a prévu d'organiser un rassemblement dimanche, devant le siège du ministère de l'Industrie, pour dénoncer les répercussions négatives de la décision de suspendre l'exportation des déchets ferreux et non ferreux. Les contacts engagés entretemps ont abouti à un accord pour une rencontre mardi prochain. « Nous exigeons d'être reçus par le ministre ou son secrétaire général, faute de quoi nous reprendrons la contestation », nous confie Abdelkrim Chermane, membre de la fédération.
Les opérateurs de ce secteur ne se font pas d'illusions, ils exigent des solutions concrètes à leurs « difficultés ». « Nous réclamons la relance de notre activité, rien de plus », précise Abdelkrim Chermane. Pour réaliser cette relance, les opérateurs du secteur réclament la levée de suspension de la décision d'interdire les exportations des déchets ferreux et non ferreux, à défaut de ne pouvoir offrir des débouchés sur le marché local.
La mesure décidée dans le cadre de la loi de finance complémentaire (LFC) de 2009 de suspendre les exportations des déchets ferreux et non ferreux a généré des stocks importants de ces matières, faute de débouchés locaux. Ces stocks sont évalués, selon certaines statistiques, à plus de 1.7 millions de tonnes actuellement. La production nationale en matière de déchets ferreux atteint les 600.000 tonnes par an. Le marché algérien n'est pas en mesure d'absorber ces quantités. La consommation locale concernant les déchets non ferreux n'atteint, en effet, qu'un taux insignifiant de 1 % du volume produit annuellement, selon la corporation.
Durcir le ton dès la rentrée sociale
Les membres de la fédération s'interrogent d'ailleurs sur l'utilité de la suspension de l'exportation, alors que d'importantes quantités quittent les frontières terrestres de l'Algérie vers le Maroc et la Tunisie.
Officiellement, l'interdiction a pour objectif de constituer des stocks en vue de leur utilisation localement, « une fois les complexes sidérurgiques de Bellara, de Boumerdès et d'Oran opérationnels ». Les opérateurs du secteur se disent prêts à vendre pour le marché local, « quitte à perdre 20 % du prix par rapport aux prix à l'exportation ». Force est de constater que sur le terrain, « il n'existe que des aciéries fantômes ».
Les assurances des pouvoirs publics quant à la relance de la demande locale ne sont guère encourageantes pour les opérateurs du secteur, qui redoutent que les projets des aciéries « trainent en longueur » pour plusieurs années encore. Durant cette attente, les opérateurs de ce secteur, qui emploie 40.000 salariés, supportent toutes les charges, sans pouvoir vendre leurs marchandises et sans avoir de perspectives claires.
Ce manque de visibilité suscite leur colère. Ils envisagent d'ailleurs de reprendre le chemin de la contestation « si les doléances ne sont prises en charge ». Ils menacent d'ores et déjà à organiser dès la rentrée sociale une action de protestation de « grande ampleur » devant le siège de l'Assemblée populaire nationale (APN), à laquelle vont prendre part les opérateurs de 30 wilayas.
Tweet
Partager
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Yazid ferhat
Source : www.maghrebemergent.info