
Les promesses répétées à maintes reprises par les autorités locales d'éradiquer tous les rejets des eaux usées en mer n'ont pas été tenues. Les eaux usées coulent toujours à flots non seulement à la corniche oranaise mais aussi dans les périphéries immédiates du chef-lieu de la wilaya. A Canastel, quartier résidentiel à l'extrême Est de la ville, les eaux usées se déversent à longueur de journée dans la mer sans que les services concernés ne bougent le petit doigt.Pourtant, le problème a été signalé par les riverains et une délégation officielle de la wilaya s'est même déplacée sur les lieux au début de cette année pour constater de visu les dégâts occasionnés à cette zone par ce rejet sauvage. Les eaux usées proviennent de cités sociales attribuées récemment à des familles sinistrées qui résidaient dans des immeubles en ruine dans les anciens quartiers de la ville. Les entrepreneurs chargés des travaux de voies et réseaux divers, pressés par les autorités locales pour attribuer les logements sociaux dans les plus brefs délais, auraient raccordé les canalisations des eaux usées au réseau de drainage des eaux pluviales.
La direction de l'hydraulique a été instruite par le chef de l'exécutif d'éliminer ce rejet sauvage, mais depuis, rien n'a été fait dans ce sens. Les conséquences de cette pollution marine par les rejets urbains commencent à se faire sentir sur le littoral oranais. Des dizaines de mérous, un poisson rare et très prisé par les pêcheurs, sont morts échoués à Bousfer et Aïn El-Turck. «Jadis, il y a une quarantaine d'années, on pouvait pêcher en apnée au rivage de Kristel toutes sortes de poissons même le mérou. Aujourd'hui, les fonds marins du littoral oranais offrent un paysage désolant. Les poissons ont déserté les rivages. Il faut s'aventurer en haute mer pour avoir de bonnes pièces», regrette ce vieil amateur de la chasse sous-marine. Selon certaines estimations, près de 90 millions de mètres cubes d'eaux usées se déversent, annuellement, dans le littoral oranais avec des conséquences irréversibles sur l'écosystème marin et les réserves halieutiques. Le littoral oranais reçoit, quotidiennement, 70.000 m3 d'eaux usées domestiques et 68.000 m3 d'eaux industrielles. Dans la baie d'Arzew, ce sont 12 millions de tonnes de déchets constitués d'hydrocarbures et autres produits chimiques qui sont déversées chaque année.
La seule partie basse de la ville (centre-ville, Gambetta, Les Planteurs, Ras El Aïn, Pêcherie) rejette entre 40.000 et 50.000 m3/j, dans la mer. Le chantier lancé par la SEOR pour le captage des eaux usées du centre-ville, qui se déversent dans la mer, essentiellement via les deux collecteurs de «Fort Lamoune» et «Cueva del Agua», qui devait être réceptionné fin 2016, enregistre un retard en raison de contraintes techniques rencontrées sur le terrain.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : S M
Source : www.lequotidien-oran.com