Voilà plus de dix jours déjà depuis que la pénurie du lait en sachet
s'est déclenchée à travers le territoire national, mais la situation ne semble pas
connaître un dénouement pour les transformateurs de lait.
Malgré la réunion tenue le 26 juillet dernier entre l'Office national
interprofessionnel du lait (ONIL) et le Conseil interprofessionnel du lait
(CIL) durant laquelle les deux parties ont convenu de revoir les quotas de lait
et prévu la distribution une semaine après, rien n'a été fait depuis. Nombre de
laiteries de l'Ouest, du Centre et de l'Est ont épuisé tout leur stock en
poudre de lait et se sont retrouvées à l'arrêt voilà plus de dix jours. Au rythme
où évoluent les choses, les opérateurs du lait voient rouge et ne semblent
guère rassurés sur la production de lait dans les prochains jours. Certains
opérateurs ne cachent pas leur pessimisme en affirmant que le problème risque
de s'accentuer à l'avenir si cette crise entre l'ONIL et le CIL se poursuit au
moment où la pénurie est généralisée à travers tout le pays. Jusqu'à hier, les
transformateurs de lait disent n'avoir pas reçu les quotas prévus lors de la
dernière réunion entre l'Office et le Conseil. Les laiteries privées sont à sec
tandis que les laiteries publiques sont fonctionnelles et restent les seules à
couvrir les différentes régions avec du lait en sachet vendu entre 30 et 35 DA.
Entre-temps, des visites sont effectuées par les responsables de l'ONIL aux
laiteries de l'Ouest et l'Est, à l'exemple de la wilaya de Mostaganem, de Sidi
Bel Abbès, d'Oran et de Annaba avec la promesse que la poudre de lait sera
débloquée dans les jours à venir. Selon un opérateur de lait de l'Ouest, tout
le problème du lait réside dans l'insuffisance des quotas de la poudre de lait
distribués aux différentes laiteries. «Mon quota a été réduit de 50% depuis une
année et j'ai dû me rabattre sur le marché parallèle pour m'approvisionner. Je
pouvais me permettre cette solution lorsque la poudre qui coûte 150 DA le kilo
à l'ONIL était vendue à 170 DA dans le marché parallèle mais maintenant que son
prix a flambé jusqu'à 300 DA le kilo, il m'est impossible de supporter cette
perte », a expliqué hier un transformateur de lait de l'Ouest. Pour cet
opérateur, au cours du mois de Ramadhan de l'année dernière, 420 tonnes de
poudre de lait ont été consommées mais, pour cette année, il est difficile de
voir le bout du tunnel avec cette crise qui ne semble pas aller vers le dénouement.
Le problème est toujours d'actualité, et les opérateurs se posent la question
sur les raisons de cette réduction des quotas et sur l'incapacité de l'ONIL de
répondre aux besoins des transformateurs. Les professionnels continuent à
dénoncer la mauvaise répartition par région de la poudre de lait. Entre
l'Ouest, le Centre et l'Est, l'écart des quotas est important, pouvant
atteindre par région presque deux fois les quotas cumulés.
Si le lait en sachet se fait
rare, cela n'est pas dû uniquement à ce conflit entre l'ONIL et le CIL mais
aussi au prix de la poudre de lait qui a augmenté sur le marché international,
au retard accusé dans les avis d'appel d'offres et consultation des offres et
aussi au travail des laboratoires d'analyse, critiqué par les professionnels,
et au détournement de la poudre de lait, subventionnée par l'Etat, pour la
fabrication des dérivés (fromage, yoghourt, crème) et vendue en l'état sur le
marché informel. Ce qu'appréhendent le plus les gérants des laiteries est la
diminution des importations de la poudre de lait par le gouvernement à 110.000
tonnes au cours de cette année dans le but de réduire la facture alimentaire.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Mokhtaria Bensaâd
Source : www.lequotidien-oran.com