ORAN - Les professionnels de la santé ont insisté, jeudi à Oran lors d'une conférence sur "Les enjeux commerciaux du médicament en Algérie" sur la nécessité d'être attentifs aux effets indésirables des médicaments bien avant leur retrait du marché.
Dr Houria Farhi, chargée du développement "Prescrire en Algérie", une revue spécialisée, a estimé que "les médicaments ont des effets indésirables, souvent connus lors des essais cliniques mais passés sous silence lors de leur commercialisation".
La praticienne a également déploré le fait que des médicaments mis sous surveillance "continuent d'être prescrits alors que leur balance bénéfices-risques est défavorable".
Dans ce contexte, Dr. Farhi a invité les professionnels de la santé à pousser la réflexion sur les mesures à prendre afin d'éviter toute atteinte à la santé du malade. "A qui profite la prescription d'un médicament ', ou encore pourquoi attendre une décision de retrait pour ne pas prescrire un médicament qui présente des effets indésirables connus '", s'est-elle interrogée.
Pour sa part, Dr Bakhta Beltiche, médecin généraliste et chercheur associé au Groupe de recherche en anthropologie de la santé (GRAS), organisateur de la rencontre, a mis en exergue "l'incertitude des démarches diagnostics" en médecine, rappelant que le médecin prescripteur, "le premier et le dernier responsable des complications et des dégâts causés par les médicaments, doit opter pour le bon médicament afin de minimiser les effets secondaires et réduire les souffrances du malade".
Il est à noter que les débats ont porté, entre autres, sur les contraintes réglementaires sur la qualité et les contrôles de fabrication qui dépendent surtout des exigences propres aux fabricants et sont difficiles à connaître, sur l'autorisation de mise sur le marché (AMM), sur la pharmacovigilance pour les médicaments (une surveillance post commercial des effets indésirables), sur des dispositifs médicaux et sur la place de l'ordonnance.
Sur ce dernier point, le docteur Mohamed Mebtoul, responsable du GRAS, a attiré l'attention de l'assistance sur "la banalisation et la dévalorisation de l'ordonnance médicale qui est devenu un simple papier", s'interrogeant sur la place du médecin dans le champ sanitaire.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Algérie Presse Service
Source : www.aps.dz