Au moment où les camionneurs assurant le transport des marchandises à partir du port de Béjaïa ont repris leur activité après 3 jours de débrayage, leurs collègues de Djenjen, dans la wilaya de Jijel, entament un mouvement de contestation similaire.Pas moins de 90.000 tonnes de marchandises en souffrance et 7 navires en rade, telle est la répercussion d?une grève déclenchée depuis 4 jours par les transporteurs chargés de l?enlèvement des cargaisons déchargées au port de Béjaïa. Ce mouvement de contestation a fait tache d?huile, les transporteurs affectés au port de Djenjen ayant emboîté le pas à leurs homologues de Béjaïa, en observant une grève similaire à partir d?hier.Sur les incidences de la grève initiée au port de Béjaïa, la direction de l?Entreprise portuaire de Béjaïa relève qu?après 3 jours de grève au cours desquels le transbordement du fret, en dehors de la zone portuaire, a connu une paralysie, une forte congestion du fret à la zone d?entreposage du port est observée avec pas moins de 110.000 tonnes de marchandises en souffrance, et 7 navires en rade. Ce débrayage avait pour objectif d?exiger des autorités portuaires l?aménagement pour les camionneurs d?une aire de stationnement à l?intérieur de l?enceinte portuaire et l?ouverture des portes du port à 6h au lieu de 7h du matin. Pour rappel, une tentative de dénouement de la crise a eu lieu samedi dernier lors d?une réunion de conciliation dans le but de faire revenir les camionneurs sur leur décision. Cette rencontre s?est soldée par un échec vu que les deux parties ont campé sur leurs positions initiales. D?ailleurs, M. Achour, directeur du domaine du développement l?a ouvertement laissé entendre en déclarant «qu?un parc au port ne peut être concrétisé, non seulement en raison d?une contrainte liée à l?espace, mais surtout à cause des dispositions réglementaires qui régissent la sécurité, l?entreposage et le mouvement des personnes et des biens dans l?enceinte portuaire». Le même responsable est revenu sur les répercussions de cette grève en estimant que ce débrayage n?a épargné aucun fret, y compris celui des produits sensibles (viandes) convoyés dans des conteneurs et les importantes quantités de marchandises telles le bois et les produits sidérurgiques devenues encombrantes. Toujours au registre des effets de cette grève, M. Iskounène, président-directeur général de BMT, (Béjaïa Méditerranéen Terminal), estime que les désagréments causés à l?activité du port, en plus de nombreux importateurs de plusieurs wilayas de l?est du pays qui ont été pénalisés car soumis à une rupture d?approvisionnement de leurs unités, il fallait faire face aux surestaries induites. Résultat: la filiale a recensé un manque à gagner de l?ordre de 300 conteneurs.Après 3 jours de paralysie, ce sont plusieurs opérateurs qui ont été pénalisés à l?instar des importateurs de matériaux de construction, notamment les produits sidérurgiques et le bois, lesquels après s?être démenés pour acquérir leurs biens sur le marché mondial en crise, ont, eux aussi, eu à souffrir de cette nouvelle contrainte. La reprise de l?activité, hier, s?est faite de manière timide. Cela a contraint les responsables de l?entreprise portuaire à dégager un maximum de marchandises en instance et de mettre sur pied des équipes nocturnes afin de rattraper ce qui peut l?être.A signaler, enfin, qu?en guise de réponse à la revendication des transporteurs, une source de la wilaya affirme que les services des domaines ont été sollicités afin de dégager une assiette de terrain susceptible d?accueillir un parking, à charge des opérateurs privés, d?en assurer l?aménagement et la gestion. S?agissant des doléances formulées par les transporteurs assurant le prélèvement de marchandises du port de Djenjen, elles ont trait aux conditions d?insécurité dans lesquelles ils évoluent. Les grévistes déplorent le climat d?insécurité aux alentours de l?enceinte portuaire et la présence de bandes de malfrats et de repris de justice qui agressent, de plus en plus fréquemment, les camionneurs dès leur sortie du port. Pour cette raison, les grévistes exigent l?intervention de services concernés pour mettre fin aux agissements des bandes de malfaiteurs qui ont élu domicile dans les anciennes caves de la localité de Bazol, relevant de la commune de Taher. Cette situation d?insécurité a été confirmée par le directeur du port, Athmane Mohamed qui précise que cela a eu des répercussions néfastes sur le plan de charge de l?entreprise dans la mesure où de nombreux opérateurs partenaires ont préféré transiter par d?autres ports comme celui de Béjaïa.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Salah C
Source : www.lequotidien-oran.com