
La mortalité des entreprises continue à faire couler de l'encre en Algérie puisque beaucoup de PME créées finissent par mettre la clé sous le paillasson pour des raisons diverses.M. Ahmed Bouyacoub, professeur à l'université d'Oran et directeur du Laboratoire de recherches en économie et gestion des entreprises (Larege), a indiqué, auxtravaux du symposium sur la restitution des résultats du Plan national de la recherche prioritaire (PNR-27), qu'en dépit de tous les encouragements et les facilitations accordées par l'Etat à travers divers mécanismes, «le taux de création des PME est en baisse et celui de leur mortalité est en croissance». Cet universitaire ajoutera que «plusieurs entreprises, créées il y a dix ans, n'existent plus d'où la nécessité de s'interroger sur les raisons ayant amené les opérateurs économiques à créer des entreprises pour disparaître par la suite». Toujours selon lui, «les facteurs contraignant les petites et moyennes entreprises (PME) à déposer le bilan doivent être étudiés et analysés de manière approfondie afin de remédier à cette situation».Cet universitaire, dont le travail de recherche sur les PME a été primé, a rappelé qu'«il avait déjà recommandé que les wilayas devraient être évaluées sur le taux de création et d'innovation», ajoutant que celles-ci devraient être aussi «évaluées sur tout ce qu'elles entreprennent pour inciter à l'investissement». Il avancera pour exemple le fait que «les chercheurs ignoraient le taux de chômage par wilaya», avant de souligner que l'investissement au niveau local demeurait un créneau permettant au pays de se développer et de créer de l'emploi».Ce chercheur est l'auteur d'une étude intitulée «Principales caractéristiques des PME dans la wilaya d'Oran». Dans le cadre de cette étude M. Bouyacoub a mené une enquête de terrain ayant porté sur un échantillon de 219 PME à Oran, et constaté qu'elles souffrent d'une «insuffisance de capital humain en matière de disponibilité et de niveau de qualification». Il relèvera que les PME algériennes, dans leur majorité, restent «volontairement locales et refusentla croissance dans leur secteur».Et de souligner qu'une grande partie des entrepreneurs «diversifient fortement leurs activités, en sortant volontairement de leur métier principal et en restant petits ou moyens dans toutes ces activités».M. Bouyacoub a enfin déclaré qu'il y a un syndrome de «la peur de la grande taille qui n'est dépassé que par un très petit nombre de PME, qui restent principalement familiales». Il considère que cette démarche «ne permettait pas une véritable croissance de ces entreprises».B. A. /APS
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Badiâa Amarni
Source : www.latribune-online.com