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Les plombiers de la régulation Ramadhan entre v'ux pieux et pratiques malsaines



Les plombiers de la régulation                                    Ramadhan entre v'ux pieux et pratiques malsaines
C'est l'histoire d'un plombier qui voit l'eau du robinet couler difficilement. Disposant de tous les outils nécessaires, il augmente le débit en amont ignorant la grosse fuite pourtant bien visible de la canalisation. Et cela fait des années que ça dure. C'est l'histoire de la régulation du marché en Algérie. C'est cyclique, endémique à tel point que ça en devient navrant. Ramadhan est un mois sacré dans la religion musulmane. Sa venue est toujours accompagnée de v'ux pieux et de pratiques malsaines. Quand les citoyens attendent le croissant de lune, les commerçants se frottent les babines et les officiels eux, débinent. Mais pourquoi, sacrebleu, la régulation du marché -tout le marché et pas seulement celui des produits de large consommation- devient un sujet de Une des journaux à chaque fois que le jeûne est annoncé ' Depuis des années ! C'est que le navet, légume sans gout, boudé toute l'année, prend du galon. C'est la faute à la chorba, affirment certains qui visent l'«inculture» de consommation chez le citoyen algérien, conditionné pendant de longues décennies par la peur
de la pénurie et excédé par les fluctuations irraisonnées des prix. L'Ugcaa, l'Union générale des commerçants et artisans algériens, organe de «constatation» s'il en est, annonce «une envolée des prix allant de 15 à 20%» durant la première semaine du mois des privations. Les experts, analystes et chroniqueurs de tous bords s'évertuent à expliquer les tenants et aboutissants de ces augmentations vertigineuses, certains par la spéculation, d'autres par la loi de l'offre et de la demande, certains par l'effrayante et confortable main mise de l'informel sur le terrain économique national, d'autres encore par l'absence de régulation et de transparence dans ces marchés. À ces expertises, toutes vraies, les officiels, ces plombiers aguerris par des années d'exercice dans le métier, répondent par l'augmentation de l'importation des produits sources de «colère». À l'image des viandes rouges et blanches, qu'on annonce à 800 et 250 DA le kilogramme, respectivement. Par quels réseaux se fera la distribution de ces viandes ' Qui importera ces viandes ' Les pouvoirs publics ouvrent donc les vannes, sans colmater ni souder les brèches. Ces décideurs appliquent-ils les astuces du plombier véreux qui laisse volontairement une fuite suinter pour se garantir une autre intervention et encaisser encore ! Se laisser toujours une marge pour les périodes creuses !
Dans ce jeu de dupes, il ne reste à la victime que deux choix : soit bricoler lui-même ses tuyaux ou changer de plombier. Au Secours, super Mario !
S. A.
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