
«En valeur absolue, le dinar est égal à zéro !». La formule mathématique est vérifiée partout chez les commerçants et autres prestataires de services, qui se sont tacitement passé le mot, les petites pièces de 1 et 2 dinars ne sont plus acceptées, tout est désormais facturé à partir d'un seuil établi à hauteur de 5 dinars.Même si le prix des bon-bons suit la tendance pour se fixer automatiquement à 5 dinars, il en existe encore des qualités vendues au prix de 1 dinar, seulement là, on vous obligera d'en prendre cinq pour arrondir le compte. «Rien à faire, aucun commerçant n'acceptera de prendre des pièces de 1 et 2 dinars», affirme un gérant de kiosque où les produits exposés n'ont, pourtant, pas grande valeur. Pareil chez le taxiphone du coin, où la machine indexe les unités de communication en dinars.Si l'indicateur n'atteint pas 5 dinars lors d'une communication, ou qu'il affiche une somme qui comporte une partie qu'on doit régler en petites pièces de 1 et 2 dinars, vous entendrez le propriétaire vous suggérer de prendre quelques bonbons, histoire d'arrondir le chiffre. «Je ne peux pas accepter ces petites pièces de 1 et 2 dinars qu'aucun client ne voudrait prendre lorsque je lui rend la monnaie», avoue un commerçant. Ce dernier nous dira, sur un air de lamentation, qu'il a dû se débarrasser de toutes les pièces de 1 et 2 dinars en sa possession en passant tout une journée au niveau de la banque afin de les échanger contre des pièces plus lourdes. Grave dérive, grave méprise dans les comportements adaptés par des commerçants qui se mettent à apprécier, selon «leur propre chef», ce qui marche et ce qui ne marche pas. «Bien sûr, les gens ne discutent pas trop devant ce refus qu'on leur oppose, ils peuvent bien les jeter dans les ordures ces petites pièces de 1 et 2 dinars, mais ils auront jeté avec toute la souveraineté due à cette pièce étalon», estiment des banquiers qui précisent que ces petites pièces sont toujours valables dans les échanges financiers dans les espaces commerciaux.Ajoutant qu'il s'agit là d'«une décision unilatérale infondée» et que «la réglementation ne leur permet en rien d'agir de la sorte». Mais, allez parler de réglementation monétaire aux commerçants ! L'exemple édifiant à ce propos demeure la dernière décision de la Banque d'Algérie de retirer de la circulation les billets de 200 et 100 dinars. Au départ, cela a créé la polémique, les commerçants refusaient de les prendre à partir du début du mois de janvier dernier, mais par la suite, on a vite fait d'ignorer totalement cette décision, et les billets en question sont actuellement admis dans les échanges d'une façon régulière, comme si de rien n'était ! Victime d'une dévaluation ou dépréciation inexorable, le dinar subit là tous ces mauvais esprits, plus personne ne lui accorde la moindre évaluation. Des spécialistes en matière économique estiment que le problème relève, au premier plan, d'une gestion mal appropriée de la monnaie fiduciaire, non sans appeler à mettre en ?uvre en urgence les mécanismes de rectification que recommande pareille situation. Comment ' «L'Etat doit imposer son autorité et sa politique monétaire, sinon ils auront raison ceux parmi les commerçants qui en font à leur tête, et cela finirait à la longue par annihiler tout le système économique», estiment nos interlocuteurs.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Abdelkrim Zerzouri
Source : www.lequotidien-oran.com