Malgré les campagnes de sensibilisation de la SNTF, des accidents continuent de se produire, provoquant des séquelles très importantes.L'accident meurtrier qui a coûté la vie à deux passagers d'une Chana, percutée, dans la première semaine du mois en cours, par le train assurant la ligne Oran-Aïn Témouchent, pose de nouveau avec acuité le problème des passages à niveau non gardés (PNNG).
Un peu plus d'un mois plus tôt, un accident similaire impliquant le Coradia Alger-Oran a causé la mort du conducteur d'un véhicule léger à hauteur d'un PNNG à Boukadi (wilaya de Chlef). En 2019, 30 accidents ont été enregistrés sur les voies ferrées de l'Ouest, dont trois dans des passages à niveau gardés (PNG). Une année plus tard, malgré l'exceptionnalité de 2020, 15 accidents ont été dénombrés, dont 14 dans des PNNG.
Sur cette question, Mourad Dib, directeur régional d'Oran de la SNTF (Société nationale des transports ferroviaires), a tenu à expliquer que pour que le passage à niveau (PN) soit gardé, il doit répondre aux conditions prévues par la réglementation telles que l'importance du taux de fréquentation, la visibilité du passage, en indiquant qu'actuellement, tout le monde demande à la SNTF de protéger tous les PN.
Pour rappel, la région ferroviaire d'Oran compte 371 PNNG avec 95 et 85 passages respectivement sur la ligne Mohammadia-Mecheria et celle reliant Oued Tlélat à Akid-Abbès ainsi que 94 PNG, dont 40 sur la seule ligne Alger-Oran Marine. "À la base, la demande émane des autorités locales ou de la direction de wilaya des transports, et nous, à notre niveau, on formule une demande à notre ministère de tutelle qui délivre un arrêté au final pour changer le statut du PN", explique-t-il.
Cependant, il estime qu'il faut respecter la signalisation qui existe, exhortant les automobilistes à faire preuve de plus de vigilance au moment d'emprunter un PNNG.
Ces accidents, en plus de coûter des vies humaines, impactent négativement le travail de la SNTF, reconnaît M. Dib. "Nos conducteurs de locomotives et nos mécaniciens souffrent de maladies professionnelles chroniques liées au choc des accidents et des jets de pierres, ce qui pose un problème de gestion du personnel", affirme-t-il, tout en insistant sur l'environnement hostile dans lequel la SNTF évolue.
À ce propos, il évoque le non-respect de la signalisation dans les PNNG, ce qui contraint les trains à diminuer leur vitesse à leur hauteur. "Avec les mauvaises expériences survenues dans les PNNG, les mécaniciens sont devenus stressés et préfèrent perdre quelques minutes en réduisant la vitesse pour éviter les accidents", précise encore M. Dib, qui indique que ces man?uvres induisent des retards en chaîne sur les horaires, particulièrement sur les voies uniques.
Il rappelle que malgré les campagnes de sensibilisation de la SNTF, des accidents continuent de se produire, provoquant des séquelles très importantes.
À ce propos, il explique que la distance de freinage d'un train de 120 t n'est pas évidente, et lorsqu'il y a collision, il traîne le véhicule sur 600 à 700 m avant de s'immobiliser.
Il ajoute que le problème des PNNG est pris sérieusement en charge, et la réflexion tourne aujourd'hui sur la manière d'avoir zéro passage à niveau sur les lignes, comme c'est le cas du nouveau tracé reliant Moulay Slissen à Saïda. "La SNTF demande à ce que les projets à venir soient dépourvus de PN", rappelle M. Dib.
SAID OUSSAD
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Said OUSSAD
Source : www.liberte-algerie.com