De notre correspondant à Oran
Samir Ould Ali
A moins d'un mois de l'ouverture de la campagne électorale, les Oranais sont loin de nourrir un quelconque intérêt pour cet événement et de répondre aux appels répétés du gouvernement et des partis politiques engagés dans la course. Il en est même qui ignorent jusqu'à l'existence d'un vote le 10 mai 2012 pour la constitution d'un Parlement censé les représenter pour les cinq années à venir. «Il faut plutôt parler de la mercuriale en folie. La pomme de terre est à 100 dinars et les prix des autres produits de large consommation ont tous augmenté. Comment s'intéresser, dans ce cas, à un événement politique '», estime Amine, 38 ans, exprimant ainsi le sentiment général.
Il est vrai que les conditions socio-économiques d'une grande partie des Oranais combinées aux précédentes expériences électorales sont loin d'encourager la participation massive voulue par l'Etat : malgré les augmentations de salaires, beaucoup n'arrivent toujours pas à boucler leurs fins de mois et doivent recourir à un deuxième travail, à quelques exceptions près, les jeunes se disent confrontés aux mêmes difficultés qui ont poussé leurs aînés à quitter le pays et, plus généralement, les garanties promises pour des élections régulières sont loin de convaincre des Oranais qui gardent en mémoire la manière dont les précédents députés ont été élus, et le bilan que ces mal-élus ont laissé derrière eux. Bref, le spectre de l'abstention est plus que jamais d'actualité. Pourtant dans d'autres milieux, l'on continue de croire que, malgré les déceptions et les risques, le vote est la seule manière de provoquer le changement et, à terme, d'accéder à de meilleures conditions de vie. C'est ce qu'affirme notamment Mme Sebaa-Delladj, psychologue clinicienne: «Il faut que les gens aillent voter, car cela participe de l'exercice de la citoyenneté. Car voter ne veut pas dire forcément choisir, on peut voter blanc et ceci est ma parole et ma façon de dire ce que je pense», estime-t-elle en ajoutant que pour les législatives, «c'est aussi important que n'importe quelle élection, car c'est quand même nos représentants que nous élisons. Et si le choix ne nous satisfait pas, on peut, par notre bulletin blanc, signifier que tous ces candidats ne nous satisfont pas». L'universitaire pense toutefois que pour une meilleure représentativité dans de meilleurs Parlements, le statut de l'élu doit être revu : «(') l'élu qui sait ne pas s'enrichir en tant qu'élu, et qui accepte la règle du jeu, sera plus enclin à être véritablement porteur d'un projet de société et défendra des idées et non ses propres intérêts», assure-t-elle en applaudissant la décision annoncée par le ministère de l'Intérieur de réduire les salaires des députés.Dans quelques jours, les partis en lice pour la députation entreront en campagne et, à moins d'un emballement spectaculaire de dernière minute, les candidats exposeront leurs programmes devant des salles vides.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : S O A
Source : www.latribune-online.com