Les manifestants ont démontré leur détermination à continuer de marcher, convaincus que l'élection de décembre 2019 n'a encore rien réglé.L'appel du Premier ministre, Abdelaziz Djerad, à cesser le hirak et les propos aussi maladroits que surannés de son ministre de l'Intérieur, Kamel Beldjoud, sur l'existence de personnes malintentionnées à l'intérieur du mouvement pacifique, n'ont pas réussi à dissuader les Oranais d'honorer, hier, la 56e marche de la révolution du 22 février.
Sortis en force et avec le sourire ? coronavirus oblige, quelques-uns étaient dissimulés derrière des bavettes et des masques ?, des milliers de manifestants ont battu le pavé entre la place du 1er-Novembre et le siège de la wilaya d'Oran en scandant les slogans-phare du hirak appelant, entre autres, au départ du pouvoir, à l'avènement d'une démocratie réelle, à l'instauration d'un Etat civil et à la libération de la justice et des médias.
Portant des drapeaux géants à l'effigie des martyrs de la Révolution, des banderoles sur lesquelles étaient écrits des slogans hostiles au pouvoir et des portraits de certains détenus politiques, les Oranais ont, une nouvelle fois, montré leur détermination à continuer de marcher, convaincus qu'ils sont, que l'élection de décembre 2019 n'a encore rien réglé.
"Tant que les articles 7 et 8 de la Constitution ne sont pas appliqués, que des Algériens sont embastillés pour leurs opinions et que les figures du régime tiennent les rênes du pouvoir, nous continuerons à manifester et rien ne pourra nous arrêter", a affirmé un manifestant tandis que les marcheurs juraient que ni le coronavirus ni la peste ne les empêcheront de sortir chaque vendredi.
Beaucoup ont rappelé qu'ils ne sont pas sortis pour des mesurettes et que leurs revendications, à savoir le démantèlement de l'ensemble du système et l'édification d'une 2e république, sont encore d'actualité. "Il n'y a pas de marche arrière possible. Nous n'en avons pas le droit", a tranché une manifestante sur un ton péremptoire.
Comme tous les vendredis, les manifestants ont marqué la traditionnelle halte en face du siège de la wilaya au cours de laquelle, ils ont remis au goût du jour le répertoire des anciens slogans exprimant leur espoir de voir l'Algérie débarrassée de ses fossoyeurs et rendue aux siens.
Une fois n'est pas coutume, aucun incident n'a été signalé à l'occasion de cette 56e marche de la révolution, les Oranais ayant pu accomplir leur parcours sans tomber sur des provocateurs comme cela était devenu une habitude depuis décembre 2019. Suivis par deux camions de police, les Oranais, dont beaucoup de femmes et d'enfants, ont pu accomplir leur marche sans crainte ni pression.
S. Ould Ali
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Samir OULD ALI
Source : www.liberte-algerie.com